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Le CPA 10 : les forces spéciales, c’est aussi l’armée de l’Air

Membres du CPA10 à l'entraînement avec des forces américaines. (Armée de l'Air/BA120)

Sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, dans l’un des bureaux du CPA 10, deux hommes feuillettent un catalogue présentant, entre autres, les dernières caractéristiques du nouvel appareil de transmission crypté (AN/PRC-152) qui les équipe désormais. Ils semblent intarissables. Les entrevoyant à travers la porte à moitié fermée, le second de l’unité, aujourd’hui le chef puisque le commandant du CPA 10 est « quelque part » en déploiement en Afrique, esquisse un sourire : « Vous voyez ? Je n’ai que des passionnés ». Ils sont toujours à l’affût, les hommes du CPA 10… À proximité, le grondement d’un Transall s’éloigne alors que de ses flancs s’échappe une traînée de parachutistes… Peu avant, deux Puma du DAOS (1) sont venus faire avec eux un exercice de récupération / capture d’une HVT (High Valuable Target), comprenez un VIP. Vol en binôme, un hélicoptère dévolu aux tireurs embarqués, l’autre au groupe d’assaut. Mise en place par corde lisse, interception du véhicule plastron, maîtrise du chauffeur et du garde du corps, extraction du VIP, éloignement en grappe. À peine cinq minutes. Du quotidien. Ils s’entraînent encore et toujours, parfaitement conscients que demain, en mission, ils auront suffisamment à faire avec l’imprévu.

Hier, ces hommes ultra-entraînés, immédiatement employables et autonomes, étaient en Afrique pour une extraction de ressortissants, faisaient discrètement poser en pleine nuit un aéronef sur une piste sommaire ou prenaient un aéroport sensible « quelque part dans le monde ». Ils n’aiment pas que l’on précise les lieux de leurs opérations et préfèrent également que l’on taise leur nom. Non pas pour cultiver ce côté un peu mytho, qu’ils assurent avoir aujourd’hui dépassé : « Les opérations nous ont fait mûrir », expliquent-ils. Mais bien parce qu’ils sont protégés par un arrêté (septembre 2006) relatif au respect de l’anonymat. Contrairement à leurs cousins du service action de la DGSE, ils font des opérations « discrètes mais jamais clandestines, toujours en uniforme, sous les ordres du chef d’état-major des armées ».

Le CPA 10 est l’unité la plus jeune du COS (Commandement des Opérations Spéciales), mais elle est l’héritière du 602e GIA (Groupe d’Infanterie de l’Air), première unité parachutiste de l’armée française, créée en 1937. Tout commando de l’air en reçoit l’insigne, une fois admis dans la famille des « cocoye ». Le CPA 10, a rejoint le COS en 1992, mais n’a pris sa forme actuelle qu’en 1996. Lorsque le commandement s’est rendu compte qu’il fallait de vrais professionnels, rôdés, pour récupérer des pilotes éjectés ou guider les avions au sol. Son utilité s’est confirmée par la suite, en ex-Yougoslavie, où l’aviation était dirigée au sol pour la première fois par guidage laser, et notamment par des équipes du CPA 10.

Il est, aux côtés de l’escadron « Poitou » et de l’ESH « Pyrénées » (Escadrille Spéciale d’Hélicoptères) de Cazaux, l’une des trois unités de l’armée de l’Air présentes au COS. Tandis que le « Poitou » et l’ESH se chargent de l’insertion ou de la récupération discrète des équipes de forces spéciales, ainsi que de leur soutien en opération, le CPA 10 assure toutes les interfaces nécessaires à l’emploi de l’arme aérienne. Son cœur de métier ? L’appui aérien, la coordination aéroterrestre, l’aide au poser d’assaut, la reconnaissance de terrain, le tout au profit des opérations spéciales. Culture aviateur, doublée du label commando.

Des combattants…

L’adjudant-chef B. est un peu la figure de l’unité. Présent depuis sa création, il est actuellement formateur et peut afficher son « coins » n°45. Cette pièce, frappée au recto de l’insigne de l’unité, est millésimée au verso. Elle indique par là une appartenance forte. « Pour la recevoir, il faut avoir fait au moins deux missions », explique-t-il, avec l’air de celui à qui on ne la fait pas. Il regrette aujourd’hui que l’unité attire moins, et d’abord pour des raisons de disponibilités. « Les gars tournent beaucoup, ne prennent jamais leurs vacances à temps complet… ». Aussi, le CPA 10, sort-il d’une période difficile en termes de recrutement. Et c’est une tendance partagée par toutes les unités du COS. « Même les unités dites “canal historique”, comme le 1er RPIMa », précise-t-on. Le CPA 10, dont l’objectif est de réunir 280 personnes, n’en affiche aujourd’hui que 220. D’ici à l’été, le commandement leur a assuré un recrutement exceptionnel de plus de quarante personnes. Celles-ci devraient les remettre à flot en décembre.

Unité pointilleuse, elle cumule les exigences des troupes aéroportées avec celles des commandos. La sélection est donc rude. Avant de recevoir leurs « coins » (aujourd’hui, on approche le numéro 400), les nouvelles recrues, en provenance des escadrons de protection de l’armée de l’Air, doivent passer par l’École militaire des fusiliers commando de l’air à Dijon ou arriver directement des autres CPA (voir encadré). Et, avant d’intégrer pleinement l’unité, elles devront subir le désormais fameux – il n’a que cinq ans – stage Belouga. Stage difficile, qui dure de quatre à cinq mois, il leur permettra d’être des « équipiers sûrs ». Une grosse partie physique « où l’on cherche surtout à voir la capacité d’un gars à travailler en état de fatigue », avec beaucoup de combat (maîtrise des armes, des placements, des transmissions de base, des techniques d’autodéfense). À leur sortie, ils seront directement intégrés aux groupes actions, et pourront partir en opération. Si le commandement « ne transige pas sur Belouga », il revient toutefois sur les critères de sélection des nouvelles recrues, avouant qu’ils ont été trop exigeants les années précédentes : « on a laissé passer des gens qui auraient pu faire l’affaire chez nous ».

… dans un processus d’hyper-précision

S’ils restent des commandos, donc des combattants, les hommes du CPA 10 cultivent toutefois ce petit plus technologique. Ce côté : « grand frère qui ouvre la voie », aime dire le lieutenant-colonel, second de l’unité. La cellule renseignement du CPA 10 est, à cet égard, étonnante. Leader imagerie au profit du COS, elle fournit aux forces tactiques l’ensemble des données de soutien en imagerie et en cartographie. Ainsi, à partir d’images qu’ils reçoivent directement des théâtres, via satellite (images en provenance des Mirage F-1 de reconnaissance, de satellites militaires ou commerciaux ou encore de photos prises par leurs hommes, en « avance de phase », soit avant le déclenchement d’une opération), les opérateurs sont capables, en moins de trois heures, d’en faire une image en 3D, par exemple. Ou d’y adjoindre tous les éléments de renseignement tactique, très précisément. Et ils vont très loin, perpétuellement à l’affût de toutes les nouveautés logicielles sur lesquelles ils pourraient trouver une application militaire. « Le red force tracking (visualiser en temps réel les forces ennemies), c’est pour demain ! », ne cache pas l’officier qui commande la cellule. Les opérateurs – lesquels sont pour moitié commandos (car déployables) – sont également capables de modéliser l’intérieur d’un bâtiment, un aéroport par exemple, comme ce que font les architectes. Images très utiles pour les groupes d’assaut du CPA 10 dits « INVEX », ceux qui sont spécialisés en contre-terrorisme. « Nous sommes les seuls à avoir la capacité de récupérer en temps réel l’imagerie satellite, au travers de nos stations légères d’interprétation… Imaginez que derrière ces machines, il y a le satellite, avec un lien quasi permanent. Il nous permet d’avoir une couverture au gré de nos opérations. En préparation, mais aussi en conduite », explique l’officier qui commande la cellule. Ces stations d’interprétation se déclinent sur ordinateurs portables puissants, secondés par des valises Syracuse 3P, lesquelles permettront une connexion satellite. Le même travail peut également se faire sur le terrain, en base arrière… Les hommes et leur matériel pourraient même être parachutés, s’il le fallait.

Les savoir-faire spécifiques du CPA 10… la plus-value « aviateur »

Unité musclée, sur les 220 personnes qui la composent, deux tiers appartiennent aux « groupes action ». Douze groupes (objectif de décembre 2009) composés de 10 à 15 personnes, dimensionnés de façon à pouvoir travailler en autonomie et toujours discrètement. Chaque groupe a un socle de savoir-faire commun, celui que partagent les autres commandos : combat, assaut, destruction. Ils sont ainsi capables de mener toutes les opérations « coup de poing » que la spécificité des forces spéciales exige : infiltration et exfiltration avec les techniques habituelles (parachutage, cordage, infiltration motorisée en zone hostile) ; actions commando (combat commando, destruction, tir de précision, libération d’otages, combat en milieu clos) ; reconnaissance spéciale (le renseignement image et la fusion des données en provenance de différents capteurs).

Par ailleurs, chaque groupe action partage les trois grosses spécificités du CPA 10, que sont la reconnaissance de terrain de poser d’assaut ; ce qu’ils appellent la mission RESEDA (la Reprise Et la Sécurisation D’Aérodromes) et, bien sûr, l’appui spécialisé aux frappes aériennes. Pour reconnaître un terrain de poser d’assaut, c’est assez mécanique. Il s’agit de vérifier qu’il n’y a pas trop de pente, de sonder le sol pour constater s’il est suffisamment stable, qu’il n’y a pas de fils électriques au-dessus, etc. Marquer ensuite les différentes zones de poser, pour les avions, les hélicoptères, le ravitaillement des hélicoptères. Et puis, encore une fois, ce socle commun d’aviateur inspire confiance. Le commandant du « Poitou » l’assure : « une équipe du CPA 10 est capable de nous faire poser n’importe où dans le monde, nous aurons toujours confiance ». Lors d’un assaut sur un aéroport, les hommes du CPA 10 iront prioritairement sécuriser la tour de contrôle, éventuellement la refaire fonctionner. « Nous savons où il faut aller pour reprendre la plate-forme. On sait ce qu’il faut casser et ne pas casser… Cela demande un entraînement régulier, connaître les servitudes sur base, les choses importantes à conserver. C’est notre plus-value d’aviateurs », explique le second du CPA 10.

ODESSAA. Les pros de l’appui aérien

« Le guidage, c’est simple. Tout le monde le pratique », explique un officier. Il est vrai que les unités conventionnelles de l’armée de Terre font du TAC-P (Tactical Air Control-Party) : de la désignation au sol de cibles, au profit des forces aériennes. Et de plus en plus. C’est un jeu de donnant-donnant par lequel les forces aériennes soutiennent au sol les forces terrestres par un appui ciblé. Le TAC-P se fait avec des petites équipes au sol, composées de quatre à cinq personnes, parmi lesquelles le FAC (Forward Air Controller), celui qui parle à l’avion. Elles désignent les objectifs à atteindre, au moyen de télémètres laser, et renseignent l’avion sur les coordonnées les plus précises possibles.

Au CPA 10, on parle alors de « module 3D », et l’on va beaucoup plus loin. Outre le fait que leur « socle commun d’aviateur favorise le dialogue naturel avec les pilotes », expliquent-ils, les commandos ont mis au point ce qu’ils appellent la boucle ODESSAA (Observation, Destruction de Sites par l’Arme Aérienne). L’idée est de mettre en place une boucle complète d’information à destination de l’avion, permettant de traiter l’objectif de façon optimale, depuis le décollage jusqu’à l’atterrissage de l’aéronef. Car la vraie difficulté est toujours la même : savoir si l’homme au sol et le pilote voient bien la même chose, éviter les tirs fratricides, calculer au plus près le cap d’attaque… Et garantir une précision métrique (inférieure à cinq mètres) aux frappes aériennes.

Avant qu’il ne décolle, le pilote recevra de la part du CPA 10 un dossier d’objectif très précis, lui permettant ensuite de minimiser les échanges radio. Parallèlement, au sol, les équipes s’infiltreront, s’il le fallait par parachute, avec leur matériel de communication et d’aide à la désignation. Souvent de nuit, aidées de leurs jumelles de vision nocturne et de leurs pointeurs IR (Infrarouge). Situées en moyenne à deux ou trois kilomètres de l’objectif à traiter, elles actualiseront en permanence le dossier d’objectif. Jusqu’ici, les modules 3D faisaient « de la voice » (échanges de paroles extrêmement précises et codifiées avec l’avion). Elles font aussi, depuis cette année, « de la data » (envoi de fichiers). Grâce au système Scarabée qui les équipe désormais (voir DSI HS n°2) – système mis au point par le CEAM et des équipes du CPA 10 – ils sont désormais capables de partager des informations écrites (cartes, calques de situations tactiques rafraîchis régulièrement avec les positions des amis / ennemis, photos, vidéos…) avec les aéronefs. Scarabée n’a pas encore été utilisé dans le cadre de l’appui aérien en opération, mais le système est validé au niveau des forces spéciales.

Le COS ou l’EMA feraient-il forcément appel à eux pour le cas de frappes vraiment stratégiques ? Ils l’espèrent ! Mais ce n’est pas forcément gagné. Au sein du COS, il faut souvent jouer des coudes et s’imposer… Mais ils y arrivent : « Dès qu’il y a une mission avec des avions, on engage systématiquement des gens du CPA 10 », expliquent-ils.

Parés pour le « blue force tracking »

S’ils se défendent d’être des soldats à part, ils revendiquent en revanche leur avance de phase. « Il est parfois difficile, de faire comprendre à nos chefs l’avance que nous avons et le niveau que nous avons atteint », explique un commando. Car ils sont perpétuellement à l’affût de tout ce qui pourrait les aider opérationnellement. Ils n’ont pas à se plaindre, et sont plutôt mieux servis que leurs camarades « de la conventionnelle ». Mais tout de même. Un jeune commando explique la « bataille » qu’il a dû mener auprès de ses supérieurs, pour que le CPA 10 reçoive la nouvelle AN/PRC 152 qui les équipe depuis l’année dernière. Cette radio cryptée est capable de travailler sur toutes les gammes de fréquence, y compris le satellite. À 7 000 km, comme à deux mètres, le tout « sans se soucier de la classification des informations que l’on envoie ». Pesant 800 grammes, elle leur permet de s’affranchir des 40 kg de matériels de communication qu’ils trimbalaient jusqu’ici, « sans compter les différentes batteries ! », précise-t-il. Seules quelques armées alliées sont équipées de ce matériel… américain. Autre avantage de cette radio, elle est capable de faire du « blue force tracking » (suivi en temps réel de toutes les forces amies). Tout combattant équipé de la PRC-152 peut être identifié et suivi sur le terrain, grâce à un logiciel de géo-référencement.

Prospective…

Évidemment, ces pros de la troisième dimension, héritiers du prestigieux 602e GIA, sont tous parachutistes, sautent plus qu’ailleurs, sont entraînés par le Centre air de saut en vol (voir encadré) et par l’équipe de France militaire parachutiste (de Gap), d’anciens de la spécialité et… ne s’en plaignent pas. Trois groupes d’actions sont qualifiés « chuteurs » (sauts à 4 000 mètres), parmi lesquels un groupe, « bientôt deux », précise un officier, qualifiés « TGH oxy » (saut à très grande hauteur sous oxygène, c’est-à-dire à 8 000 mètres). « Sans faire de polémique interarmées, les autres nous disent qu’en « para », nous sommes au top ! », n’hésite pas à dire le second, lui-même passionné par le saut.

Et ils vont loin dans la prospective, épaulant les études avancées de l’ESOPE (2) du CEAM. La « windsuit », par exemple, cette technique de dérive sans voile, pour l’instant acrobatique. Ils y ont immédiatement vu un intérêt militaire. La windsuit est cette combinaison équipée de sortes d’ « ailes » palmées aux bras et aux jambes, permettant de prendre appui sur l’air et de planer sur de grandes distances, avant l’ouverture basse du parachute. Il faut aimer ! « L’intérêt tactique réside dans le fait que volant très vite (60 mètres par seconde, là où sous voile, c’est du 10 mètres par seconde), l’homme est plus discret, le temps d’exposition moins long. Par ailleurs, il peut sauter dans n’importe quel endroit puisque, allant très vite, il s’affranchit de la masse d’air », explique, passionné, le second de l’unité. Si les premiers essais « avec des combinaisons particulières permettant l’emport de matériel » doivent démarrer sous peu, la validation opérationnelle devrait prendre plus de temps (5 à 10 ans).

Le CPA 10 travaille également en prospective sur des drones ULM, à même de pouvoir leur apporter leur matériel, ou encore sur les colis autoguidés. Ce devrait être pour bientôt. Un an sans doute. Pour le « guidage de type 2 », c’est-à-dire le guidage sans visuel sur cible, à l’aide de drones (SIDM, SDTI) ou de dispositifs type Rover (récupération d’images en provenance du pod d’un avion), « on est toujours à l’affût», poursuivent-ils. Bien d’autres domaines les mobilisent : le travail sur les systèmes d’informations géographiques, afin qu’ils soient compatibles avec les alliés ; les dernières nouveautés concernant le guidage laser… Ils viennent de recevoir un nouveau pointeur laser. Matériel encore expérimental (ils sont les seuls à l’avoir), ce nouveau pointeur (à double pointage) permet de guider les yeux du pilote de façon progressive jusqu’à l’objectif à traiter. Dans un premier temps, par un pointage large, il mène directement les yeux du pilote sur la zone définie. Puis, par un second pointage bien plus fin et précis, il définit l’objectif à traiter. L’intérêt tactique est évident, surtout pour les zones confinées.

Ce qu’ils veulent ? Un retour sur investissement

Depuis sa création, après la première guerre du Golfe en 1992, le Commandement des Opérations Spéciales (COS) a su devenir indispensable. Le politique dispose d’un outil musclé « qui en impose ». Les forces spéciales françaises, ce sont aujourd’hui près de 3 000 hommes des trois armées capables de mener des missions plus périlleuses, plus discrètes, plus sensibles que les forces conventionnelles. Les employer est toujours un signal politique fort. Force ramassée, déclinée en peu d’unités, ces hommes forment des équipes rodées aptes à travailler ensemble, à coordonner dans l’urgence des opérations terrestres navales ou aériennes. Elles obéissent à un document de doctrine jalousement tenu secret, régulièrement amendé et agrégé de nouvelles procédures, un outil qui vit. Ce qui leur est demandé est toujours plus qu’ailleurs : une sélection bien plus rigoureuse, plus d’entraînement, une recherche permanente de la plus grande efficacité… avec plus de moyens également.

Leur force ? Les « éléments de langages » fournis par l’état-major du COS aiment décliner le concept d’interarmées, vécu comme une réussite. « Nous nous connaissons presque tous, nous avons l’habitude de nous entraîner ensemble, nous avons confiance les uns dans les autres ». C’est vrai. Pourtant, au quotidien, la réalité est un peu plus nuancée car les unités restent encore marquées par la culture de leur armée. Ils s’apprécient mais se titillent, et jouent même des coudes pour être employés. Car voilà. Ces hommes ultra-entraînés traversent une période de « vaches maigres » opérationnellement (depuis début 2009) et vivent surtout mal leur non-emploi en Afghanistan. Le théâtre « pour lequel nous sommes taillés », tandis que leurs homologues alliés s’y illustrent tous les jours. Et si les forces spéciales françaises, retirées du théâtre afghan en janvier 2007, y retournent, ce n’est que pour faire « de la conventionnelle ». De l’instruction opérationnelle au profit de la Commando school afghane, par exemple. Pourtant, ils n’arrêtent pas. Des équipes sont sans cesse par monts et par vaux. Ici, pour tester le nouveau pod sous Rafale, là pour s’entraîner à Djibouti dans des conditions désertiques, ailleurs, pour tester les capacités du SIDM (drone Harfang), quand ce n’est pas pour être employés au profit de l’armée de l’Air, pour des missions conventionnelles. Par ailleurs, un groupe reste en permanence d’alerte à 24 heures. Pour le cas où…


Notes :

(1) Détachement ALAT des Opérations Spéciales (Cf. le dossier que nous lui avions consacré dans DSI no44). Le DAOS et l’ESH « Pyrénées » sont les deux unités hélicoptères dédiées au COS.

(2) Escadron de Survie Opérationnelle et Para d’Essai, lequel travaille au profit du CEAM (Centre d’Expériences Aériennes Militaires) de Mont-de-Marsan.

Article publié dans DSI n°49, juin 2009.

 

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