Lectures

Trends in Air to Air Combat. Implications for Future Air Superiority

John Stillion, CSBA, Washington, 2015, 61 p.

Le combat aérien fascine mais il n’est généralement abordé que sous l’angle du récit des pilotes ou encore sous celui, technique, des capacités des appareils. Mais ce que nous offre – littéralement, la publication étant accessible en ligne – John Stillion est tout aussi intéressant. L’auteur a en effet compilé une base de données de 1 450 cas de combats air-air de 1965 à nos jours, ce qui lui a ensuite permis d’effectuer une analyse statistique. Elle valide ainsi le modèle d’engagements menés à des distances toujours plus grandes : les portées du radar et des missiles seraient donc les principaux vecteurs de la supériorité aérienne traditionnelle, mais pas uniquement. L’auteur insiste sur les questions liées à la détection aérienne avancée et à la connectivité des réseaux, qui ne permettent pas tant de gagner en puissance qu’en temps, une dimension qui s’avère déterminante. Et de citer plusieurs exemples où la réactivité a été la véritable clé tactique des opérations. Au-delà se posent d’autres questions, comme celles liées aux systèmes de capteurs IR à grand angle comme facteurs de relativisation de la furtivité : qui dit « appareil supersonique » dit également frottement et donc signature thermique, avec à la clé une série de graphiques très intéressants. Au-delà des analyses tendancielles, l’auteur propose également de nouveaux schémas tactiques combinant missiles à grande et très grande portée utilisant comme plateformes de lancement une combinaison de drones de combat et un appareil piloté constituant le centre d’un réseau de frappe. L’étude ne répond certes pas à toutes les questions. La supériorité aérienne ne se définit plus aujourd’hui sous le seul angle des engagements air-air mais implique également les systèmes SAM, les attaques de bases aériennes ou encore celles des AWACS conférant aux forces occidentales une bonne partie de leur supériorité. Cette dimension « multi-systèmes », plus complexe, manque d’être prise en considération et pourrait remettre en question le déterminisme des engagements à des distances toujours plus grandes. Mais il faut rendre à l’auteur ce qui lui appartient : il est ici question d’engagements air-air et cette monographie est indubitablement utile à la réflexion.  

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