Monsieur le secrétaire dEtat,
Cher Monsieur Todeschini,

Votre commentaire sur la polémique autour de la prestation du rappeur Black M pour le centenaire de la bataille de Verdun, publiée sur le site de l’hebdomadaire Le Point nous a agacé et c’est un euphémisme. Bien entendu, nous savons que ni vous ni le gouvernement n’avez choisi de l’inviter.

En revanche, en indiquant que « C’est une polémique lancée par l’extrême droite », vous avez tort. Ne pouvez-vous, vous qui êtes en charge des Anciens combattants, tout comme le maire de Verdun, comprendre que le choix d’un rappeur relève de la plus grande bizarrerie ?

Voudriez-vous en inviter un le jour de la commémoration de la disparition d’un de vos proches ? La disparition de centaine de milliers de soldats na rien d’un happening hip-hop : dans toutes les cultures du monde, on respecte les morts. Savez-vous seulement comment l’affaire sera prise par les Allemands ?

Cela na donc rien à voir avec son origine ; c’est ce que vous ne voulez pas comprendre quand vous accusez les rétifs d’être d’extrême-droite. Les Forban, Johnny Hallyday ou Christine and the Queens auraient été tout aussi inappropriés.

Cela a à voir avec la mémoire, et une cantatrice japonaise, togolaise ou un groupe soul tunisien auraient certainement été plus pertinents.

Cela a aussi à voir avec quelqu’un qui déclare qu’il aime la scène on suppose que c’est le cas de beaucoup d’artistes et qui se limite à cela, faisant la démonstration dune conscience historique plus faible que celle d’un pot de confiture. Avec le mandat qui vous est confié, vous ne pouvez ignorer le symbole que représente Verdun.

Cela a également à voir avec quelqu’un n’ayant pas hésité à qualifier la France de « pays de Kouffars ». Je vous ferai grâce d’un cours d’islamologie et je pense d’ailleurs que vous savez ce que recouvre ce terme. Que sa famille soit gasconne depuis trente générations ou quil ait été naturalisé il y a deux semaines n’y change rien.

Aussi, Monsieur Todeschini, de toute notre âme de démocrate, nous vous dénions le droit de nous attribuer telle ou telle opinion politique parce que nous ne sommes pas d’accord avec le choix dune autorité publique. Nous dire que nous sommes d’extrême-droite est insultant et relève autant de la diffamation que d’un de ces « bottés en touche » qui font les délices des fossoyeurs du débat public et donc de la démocratie.

Cordialement,

Carl von C., chroniqueur ; Joseph Henrotin, rédacteur en chef ; Véronique Sartini, rédactrice en chef adjointe