Lectures

La cybersécurité

Nicolas Arpagian, Coll. « Que sais-je ? », 2e Ed., PUF, Paris, 2015, p. 127. 

Les introductions sont les ouvrages les plus difficiles à rédiger : il faut non seulement veiller à parler des fondamentaux d’un champ mais aussi réussir à les rendre accessible. Mission réussie pour Nicolas Arpagian, dont la deuxième édition de son Que sais-je ? met à la portée du plus grand nombre un certain nombre de concepts-clés. Si l’on excepte la traditionnelle erreur de l’Arpanet conçu comme réseau de communication résistant aux frappes nucléaires (reposant sur le réseau téléphonique, il ne pouvait l’être), les enjeux, les acteurs et leurs modes d’action sont bien mis en évidence et décrits. C’est en particulier le cas de la distinction opérée entre les attaques sur les réseaux – informatiques ou téléphoniques – et sur les attaques informationnelles. Si les premières touchent entre autres à l’altération de données ou à la prise de contrôle, les secondes sont liées aux stratégies d’influence, l’e-réputation, la maîtrise de la mémoire collective (un excellent point à l’auteur pour avoir abordé cette question), le commerce illégal ou encore le piratage comme arme économique. Les 25 dernières pages reviennent par ailleurs sur les dispositifs nationaux de cybersécurité, en comparant six cas. Il y est démontré la diversité des approches mais aussi la difficulté de la chose, notamment dans un cas français où les organismes se sont multipliés, au fur et à mesure de la prise de conscience des problématiques rencontrées. Au final, cette nouvelle édition est bienvenue et permet d’embrasser rapidement et facilement la complexité du champ. Si l’on peut regretter que les aspects liés à la cyberstratégie ne soient pas plus présents, il constitue toutefois un excellent tremplin vers les ouvrages en traitant, tout en fournissant les bases fondamentales.  P.L.

Recension publiée dans DSI n°119, novembre 2015

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