Lectures

Quel avenir pour la dissuasion nucléaire française face aux défis des changements géostratégiques d’aujourd’hui et de demain ?

Pierre Pascallon (Dir.), Coll. « Défense », L’Harmattan, Paris, 350 p.

Le débat sur la dissuasion nucléaire française s’est présenté ces vingt dernières années comme une suite de calmes plats suivis de très relatives tempêtes, correspondant plus ou moins au moment des déclarations présidentielles à son endroit. Aussi, s’il peut être considéré comme relativement morne, il n’en demeure pas moins actif. Ce n’est pas le moindre des avantages de cet ouvrage que de fournir une photographie de ces débats à un instant bien précis, en l’occurrence le retour des thèses de M. Rocard et B. Norlain sur l’abandon du nucléaire ; mais aussi la position nettement plus nuancée des généraux Desportes et Copel. Avec, comme toujours dans ce type d’exercice, une variabilité dans la qualité des très nombreux textes – 42 hors les introductions et la conclusion, auxquels il faut ajouter deux annexes. Au-delà des rappels, états de situation et des plaidoyers de toute sorte, deux textes retiennent plus particulièrement notre attention, parce qu’ils clarifient – balisent, oserait-on dire –l’avenir des débats. Le premier est celui de Bruno Tertrais, qui pose une série de questions essentielles tout en recadrant bien la question de la dissuasion aéroportée avec l’abandon – logique, mais qui restait à acter – de la logique préstratégique. Le deuxième est l’œuvre de François Géré qui offre un cadrage ciselé, en huit points, de la situation actuelle, non sans donner en quelques mots quelques perspectives intéressantes. Au final, un ouvrage qui présente les positions des uns et des autres, y compris l’industrie, et d’où il ressort un large consensus sur la nécessité de la conservation de la dissuasion nucléaire. P.L.

Recension publiée dans DSI n°118, octobre 2015

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