Lectures

De sueur et de sable. 14 jours pour rouvrir l’axe Nord Mali, décembre 2014

Raphaël BERNARD, Le Polémarque, Nancy, 2016.

Derrière le panache des opérations militaires de grand style, il y a une multitude de fonctions parfois ingrates, pour ne pas dire décourageantes et dont l’exécution, même lorsque l’on est officier, est soumis à bien trop d’aléas. Raphaël Bernard, colonel de l’armée de Terre, en livre une belle démonstration dans cet ouvrage se lisant comme un journal de marche. Il y détaille la foule de problèmes que l’on ne manque pas de rencontrer dans la conduite d’un convoi, qui plus est dans les difficiles conditions météorologiques et topographiques du nord Mali et dans un environnement multinational. L’auteur l’anticipe et ne manque pas, dès les premières pages, de se rappeler qu’il avait pressenti que la mission serait l’une des plus difficiles de sa carrière. Le livre est ainsi et d’abord un concentré d’exemples liés à la friction : véhicules coincés, pneus crevés, répétition de consignes pourtant déjà données et impondérables divers et variés avant même que l’ennemi ne soit au contact. A première vue, la fureur de la bataille semble éloignée du récit – mais à première vue seulement. D’une part, parce que son ombre portée est toujours bien là. D’autre part, parce que l’on ne peut résumer l’exercice du commandement au fait de combattre : la tâche de l’officier, en particulier en environnement multinational, n’est peut-être pas dangereuse en permanence mais nécessite des savoir-faire humains particulièrement affinés. C’est sans encore compter que l’officier est également un être humain comme les autres et qu’il a également ses attaches comme ses interrogations. Bien rythmé, l’ouvrage se lit comme un roman ne manquant pas de suspense. J.H. 

Recension publiée dans DSI n°127, janvier-février 2017.

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