Lectures

L’artillerie dans les guerres de contre-insurrection

Benoît ROYAL (dir), Coll. « Guerres et opinions », Economica, Paris, 2015, 141 p. 

Peu d’ouvrages existent sur l’artillerie contemporaine : de toutes les armes, elle fait partie de celles attirant le moins la curiosité tant des lecteurs que des auteurs. C’est cependant une erreur, dès lors que ses fonctions ne se limitent pas à envoyer un projectile sur une cible prédéterminée. C’est ce que montre avec brio cet ouvrage, qui tire notamment parti des réflexions de la direction des études et de la prospective de l’école d’artillerie et que devrait d’ailleurs prolonger un ouvrage à paraître chez le même éditeur, L’artillerie des stratagèmes, par Olivier Fort. De facto, l’artillerie concerne avant tout la génération d’effets chez l’adversaire, par sa puissance et sa portée, mais aussi pas les capacités associées, comme le renseignement. C’est aussi une arme d’économie des forces : les artilleurs étaient peu nombreux en Afghanistan, mais ont participé aux 80 % des pertes occasionnées aux Talibans par des frappes indirectes. Dès lors, il est possible de l’envisager sous plusieurs angles, de la dissuasion à la ruse, en passant par la démonstration de force, l’attrition ou encore l’interdiction. C’est ce que détaille cet ouvrage court, qui se structure en trois partie : expression de la brutalité ; actions en souplesse ; et enfin capacités de stratagèmes dont l’exemple le plus célèbre est sans doute le siège de Koufra. Bien écrit et concis, il fait abondamment appel à des témoignages recueillis au cours d’expériences opérationnelles récentes, en Afghanistan ou au Mali. Il, a également une autre vertu, en partie abordée par les auteurs, qui réside dans l’éclairage des logiques de combat réseaucentré, devenue si importantes dans la réflexion tactique contemporaine. In fine, un ouvrage indispensable pour comprendre l’évolution des opérations terrestres. J.H.

Recension publiée dans DSI n°124, juillet-août 2016.

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