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American Sniper ou les contradictions de l’Amérique

L’une des affiches d’American Sniper. © Warner Bros

Le 25 décembre 2014, Clint Eastwood dévoilait au grand public ce qui n’allait pas tarder à devenir le plus gros succès commercial de sa carrière, mais également le film de guerre le plus rentable de l’histoire du cinéma : American Sniper (1). Basé sur l’autobiographie de Chris Kyle, ce long métrage réalisé à la première personne place le spectateur dans la peau de « La Légende », sniper des Navy SEAL crédité du plus grand nombre de victoires dans l’histoire militaire des États-Unis. Loin de représenter Kyle comme un professionnel au sang-froid imperturbable, le film entend montrer, entre autres choses, comment le quotidien d’hommes ordinaires peut être affecté durablement par la guerre.

Bien que Bradley Cooper, récompensé par un Oscar pour sa performance remarquable dans le rôle-titre, n’ait pas voulu que le film soit vu comme une sorte de pamphlet politique, American Sniper n’a pas tardé à déclencher une féroce controverse aux États-Unis, laquelle est parfaitement résumée par la critique reprise en guise d’introduction. « Acclamé par les conservateurs, car dépeignant un héros américain sous un jour des plus favorables, [le dernier Eastwood fut condamné] par certains libéraux qui remettaient en question le plaisir qu’avouait éprouver Kyle en tuant et en déshumanisant les Irakiens (2) ».

La personnalité du sniper était en effet au centre de la plupart des critiques. Dans son livre, il déclarait s’être amusé en faisant son travail, qualifiant au passage les Irakiens de « sauvages » et affirmant, non sans fierté, avoir tué plusieurs pillards à La Nouvelle-Orléans dans le chaos consécutif à Katrina. Le seul regret qu’il ait jamais exprimé était qu’à son goût, il avait tué « trop peu d’Irakiens (3) ». Cette controverse s’est à ce point enflammée que plusieurs responsables politiques américains, notamment Sarah Palin, ont exprimé leur point de vue sur les réseaux sociaux.
Quelques mois après cette sortie, il nous semble opportun de prendre un peu de recul pour analyser les raisons du succès de ce blockbuster, mais également le débat qu’il a suscité. Pour ce faire, nous intégrerons deux perspectives : 1) les ambitions du réalisateur lors de la conception du film ; 2) la manière dont les critiques, et plus généralement le grand public, ont compris ce travail et forgé leur propre interprétation, laquelle peut sensiblement différer des desseins originels du réalisateur.

Seule la prise en compte de ces deux aspects permet de saisir la portée symbolique d’un film et, partant, ce que ce dernier nous dit sur l’opinion collective. Ainsi, même si le réalisateur souhaitait, à l’origine, donner un ton particulier à son œuvre, le fait que celle-ci soit interprétée différemment par les critiques et/ou le grand public est des plus intéressants pour les chercheurs, y compris en Relations Internationales (RI).

Une vision profondément ancrée de l’Amérique et de son rôle international

Loin d’être un film de guerre ordinaire, American Sniper est d’abord et avant tout un film américain typique. Celui-ci ne reflète pas seulement les valeurs et les croyances d’une certaine Amérique : il est également le miroir de divers courants de politique étrangère largement répandus outre-Atlantique.

Ethnocentrisme, isolement culturel et paranoïa

Dans les jours qui suivirent sa sortie, certains critiques comparèrent American Sniper avec deux des derniers films de guerre d’Eastwood : Flags of our Fathers (2006) et Letters from Iwo Jima (2006). Profondément anti-guerre, ces deux longs métrages décrivaient les combats dans le Pacifique selon deux perspectives différentes. Tandis que le premier se centrait sur la « mythologie du héros », très prégnante aux États-Unis, le second adoptait un point de vue original en donnant un visage « humain » à un ennemi jusqu’alors peu représenté sous un jour favorable : le combattant nippon. Pour la plupart des cinéphiles, le succès de ces œuvres peut en partie être expliqué par l’absence de toute forme de manichéisme dont a fait preuve Clint Eastwood lors de la réalisation.

American Sniper se distingue singulièrement de ce diptyque. Par son approche à la première personne, le film ne permet pas de faire émerger aussi directement le même genre de nuances sur la guerre et ses conséquences. De prime abord, l’ennemi est décrit de manière simpliste, voire caricaturale, reflétant fidèlement la vision qu’avait Kyle du conflit dans lequel il était engagé. Ce type de schéma narratif est régulièrement dénoncé, voire raillé parmi les cinéphiles et les critiques, qu’ils soient européens ou américains. Toutefois, cet aspect tant décrié est l’une des raisons du succès de ce film. Il révèle en réalité certains traits de ce que d’aucuns appellent « le style national » américain, défini comme « une perception [collective du monde] particulière aux Américains […] susceptible d’affecter les choix des décideurs et les orientations de la politique étrangère (4) ».

Parmi les éléments du style national identifiés par le politologue québécois Louis Balthazar, plusieurs se retrouvent dans ce film. Tout d’abord, la vision du monde dont fait montre Kyle est teintée d’ethnocentrisme. À aucun moment le sniper ne semble remettre en question la suprématie culturelle américaine. En outre, le film est truffé de références à une certaine culture made in USA, et plus particulièrement made in Texas, sans doute l’un des États les plus iconiques du « sud profond ». Les camarades de Kyle semblent tout comme lui considérer les Irakiens comme des « barbares » ou des « sauvages ». Ce type de sobriquets est lourd de sens. Ils suggèrent que ces « Hajis » – terme péjoratif désignant les musulmans – rejettent des valeurs perçues comme universelles et intrinsèquement bonnes. Cette dichotomie entre la civilisation et ses ennemis, doublée d’un ton à la limite de la paranoïa, est typique de ce style national (5).

Ces représentations doivent toutefois être remises dans le contexte de la guerre en Irak. Le héros se retrouve immergé dans un conflit asymétrique dans lequel l’ennemi brouille intentionnellement la frontière entre combattants et non-combattants et n’hésite pas à recourir aux techniques de guérilla les plus cruelles. La première scène du film, montrant une femme et un jeune garçon agir en véritables bombes humaines, suggère que la menace peut surgir de partout, d’où une forte méfiance des troupes américaines à l’égard des populations locales. De plus, ce manichéisme doit être nuancé. Le principal ennemi de Kyle, le sniper syrien ayant participé aux Jeux olympiques, n’est ni sous-estimé ni diabolisé, bien au contraire : il est présenté comme un adversaire digne de se mesurer à « La Légende ».

Des échos jacksoniens

Le film d’Eastwood ne fait pas que refléter une certaine mentalité collective américaine. Il adopte également une posture politique que le concept de jacksonisme permet de mieux appréhender. Selon Walter R. Mead, il s’agit d’une des quatre écoles de pensée ayant durablement influencé la politique étrangère outre-Atlantique, chacune étant nommée d’après un président emblématique (Andrew Jackson dans ce cas précis) (6). Très présent dans le sud et le Midwest, le discours national-populiste des jacksoniens est régulièrement dénoncé, voire moqué, tant à l’étranger que par les « élites » de la côte Est (7). Plus qu’un simple courant en politique étrangère, le jacksonisme est en fait un véritable mouvement culturel et religieux omniprésent dans une certaine Amérique.

En effet, les jacksoniens estiment que le but premier de toute politique doit être d’assurer la sécurité et le bien-être des Américains (8). Considérant que l’anarchie inhérente au système international est source de dangers, les tenants de cette approche n’excluent nullement le recours à la force armée. En temps de guerre, ceux-ci accordent une grande importance au code de l’honneur et aux traditions. Si l’ennemi venait à ne pas les respecter, les jacksoniens sont prêts à abandonner les éléments les plus fondamentaux de ce même code pour mener une « guerre sale ». Ils considèrent en outre que les États-Unis se doivent de garder leur marge de manœuvre à l’étranger et se montrent dès lors extrêmement méfiants à l’égard des organisations internationales ou de toute forme de règle de droit international un brin contraignante (9).

Sur le plan domestique, les jacksoniens sont viscéralement méfiants vis-à-vis du pouvoir central et de l’establishment politique de Washington. Assez logiquement, ils s’opposent aux tentations centralisatrices et n’apprécient guère la pression fiscale bien que, paradoxalement, ils soient « obstinément favorables aux programmes fédéraux destinés à la classe moyenne (10) ». Les jacksoniens sont aussi très attachés au droit du port d’armes garanti par le Deuxième Amendement, lequel est perçu comme le véritable « bastion de [la] liberté », la meilleure manière de garantir les droits constitutionnels de tout citoyen.

Tous ces aspects ne cadrent pas seulement avec la personnalité de Kyle : ils sont également le reflet de valeurs que Clint Eastwood a représentées et dépeintes tout au long de sa carrière. Proche du parti républicain, il s’est un jour décrit comme « socialement libéral et fiscalement conservateur ». Le différend qui l’a opposé à Michael Moore en 2005 à propos du documentaire Bowling for Columbine (2002) (11) montre toute l’importance que le réalisateur de quatre-vingt-cinq ans accorde au port d’armes. Cette fascination pour les armes est d’ailleurs l’une des valeurs jacksoniennes que Kyle partageait avec Eastwood (12).

Ces valeurs jacksoniennes ne concernent toutefois pas seulement les armes et la violence : elles touchent également à la sphère familiale, laquelle est largement représentée dans le film. Ainsi, dès les premières scènes, la famille joue un rôle central dans le devenir du héros. Le rapide flash-back revenant sur l’enfance du héros dépeint de quelle manière l’éducation paternelle a amené Kyle à s’engager dans l’armée. Incarnation de la vertu religieuse, son père est aussi un exemple de rigueur morale. Enseignant la « dure réalité de la vie » à ses enfants, il n’hésite pas à user de la violence à leur égard dès lors qu’ils sont susceptibles de dévier du droit chemin. Cette image de la famille, typique des valeurs jacksoniennes de la tradition et de l’honneur, est omniprésente tout au long du film. Ainsi, Kyle n’est pas seulement un mari fidèle, il est également un père aimant. Son épouse, femme au foyer patiente et dévouée, l’aidera à se remettre du stress post-traumatique dont il souffre alors que les tours s’enchaînent. La question des séquelles que la guerre peut infliger à un homme est d’ailleurs principalement traitée à travers le prisme de la famille, laquelle sera un des éléments essentiels dans la progressive réintégration du héros dans la vie « normale » (13).

En matière de politique étrangère également, les convictions de Clint Eastwood sont typiquement jacksoniennes. Lors d’une interview accompagnant la sortie du film, ce dernier déclarait qu’il « n’était pas fan » à l’idée de partir en guerre en Afghanistan et en Irak (14). Toutefois, sur la base des renseignements fournis à l’époque, ces interventions lui semblaient justifiées. À ses yeux, la sécurité des États-Unis était suffisamment menacée pour intervenir au Moyen-Orient. La mise en place d’un régime démocratique n’était guère au centre de ses préoccupations : dans ce même entretien, il avouait n’y avoir jamais vraiment cru. Le raisonnement et les motivations de Kyle ne sont guère différents : ce dernier ne s’engage nullement pour défendre une noble cause, mais bien par pur patriotisme. Ce sont ainsi les attaques terroristes visant les États-Unis en Afrique au milieu des années 1990 qui le pousseront à s’engager.

Une représentation à contre-courant

Dans une certaine mesure, les caractéristiques précédemment analysées expliquent le succès plus ou moins inattendu de ce blockbuster ainsi qu’une partie du débat qu’il a pu susciter. Un autre point doit cependant être pris en considération : la manière dont l’opération « Enduring Freedom » et ses suites ont été représentées jusqu’à présent par Hollywood. Quatre films seront retenus pour ce faire : Redacted (2007) de Brian De Palma, In the Valley of Elah (2007) de Paul Haggis, Hurt Locker (2008) de Kathryn Bigelow et Green Zone (2010) de Paul Greengrass.
Les deux premiers longs métrages ont pour objectif avoué de décrier ouvertement cette guerre d’Irak qui divise encore profondément l’Amérique. Dans Redacted, De Palma confronte les points de vue des soldats d’une même section afin de reconstituer les événements qui les ont amenés à violer une jeune adolescente de quatorze ans et à tuer sa famille. Inspiré de faits réels (le massacre de Mahmoudiyah de mars 2006), ce film fait écho à une autre œuvre du réalisateur traitant d’un crime de guerre du même acabit : Casualties of War (1989) (15). Le choix du titre révèle également l’intention de De Palma : dénoncer la complicité tacite des médias.

In the Valley of Elah entend également critiquer ouvertement l’invasion de l’Irak en montrant comment cette guerre, différente de celles qu’a pu mener l’Amérique jusqu’alors, peut faire resurgir le pire chez un homme. Le film suit en effet un père de famille, militaire dans l’âme et vétéran du Vietnam, dans son enquête pour retrouver son fils, porté manquant depuis son retour d’Irak. Ses recherches l’amèneront à découvrir l’amère réalité du conflit et des effets que celui-ci a eus chez son fils et ses compagnons d’armes, en proie à de sévères troubles post-traumatiques.

Cette approche frontale contraste avec le message plus subtil de Hurt Locker. Les soldats n’y sont pas dépeints comme animés de mauvaises intentions. Au contraire : ces démineurs peuvent être perçus, à certains égards, comme de véritables « super-héros » (16) risquant courageusement leur vie dans des circonstances sans cesse plus extrêmes. Leur attitude à l’égard de la population locale n’est nullement dénoncée. La critique porte ici sur le système qui en vient à produire des hommes véritablement « accros » à la violence, sortes de cowboys des temps modernes ne pouvant imaginer d’autre réalité que la guerre elle-même.

Last but not least, Green Zone. Ce film est le seul à traiter directement de la question des motivations politiques du conflit en suivant l’enquête de Matt Damon et de ses hommes, lesquels ont pour mission de trouver et de détruire les prétendues Armes de Destruction Massive (ADM) irakiennes. Progressivement, le héros arrive à la conclusion que ces ADM n’ont jamais existé et que les raisons de l’intervention doivent être cherchées ailleurs. La scène finale suggère que c’est en réalité le pétrole qui a principalement motivé Washington.

Au regard de tout ce qui a déjà été tourné sur le sujet, le film d’Eastwood dénote. Comparé à Redacted et à In the Valley of Elah, American Sniper nous livre un portrait favorable des combattants américains. Ces hommes ne font que leur travail et tentent de survivre dans un environnement hostile. De plus, la dimension politique est absente de ce film. En se focalisant sur le seul personnage de Chris Kyle, le réalisateur s’inscrit dans une autre démarche. C’est la guerre en général qui est critiquée, et non le seul conflit irakien.

Étant données les affinités politiques d’Eastwood, il y a fort à parier que plusieurs journalistes ont cru déceler dans cette critique discrète mais réelle une approbation tacite des motivations d’un conflit qui continue de diviser l’Amérique. Cela expliquerait sans doute pourquoi le film de Bigelow, tout aussi muet sur le plan politique et conciliant à l’égard des GI’s, n’a pas subi les mêmes reproches.

Un carcan moraliste ?

Grâce à des outils conçus à la base pour le champ des RI – et plus spécifiquement pour la FPA (Foreign Policy Analysis), cet article est parvenu à expliquer les raisons de ce succès du box-office. Ainsi, en se faisant le héraut de valeurs jacksoniennes telles que l’honneur et le respect de la tradition, Eastwood s’est assuré le soutien de toute une frange de la population américaine issue en majorité du sud et du Midwest où celles-ci sont omniprésentes.

Le jacksonisme est également un bon moyen d’expliquer la controverse qui a accompagné la sortie d’American Sniper. Les valeurs défendues par les tenants de ce vaste mouvement politique, social, culturel et religieux sont en effet largement débattues et contestées, aussi bien aux États-Unis qu’à l’étranger. Combinées aux inclinations politiques de Clint Eastwood, à la personnalité des plus singulières de Kyle, à la controverse continuant d’entourer l’opération « Enduring Freedom » et à la manière dont celle-ci a été dépeinte jusqu’à présent par Hollywood, il semblait presque inévitable que la polémique apparaisse.

Ce débat nous amène à une dernière considération sur le statut de l’art dans nos sociétés. Dès lors qu’une œuvre aborde un sujet politiquement sensible et se démarque des canons de la représentation classique, les critiques fleurissent et d’aucuns en viennent à crier au pamphlet, voire à la propagande. Si l’art a une dimension politique évidente, il serait tout à la fois regrettable et dangereux de le réduire à ce seul aspect. En premier lieu, l’art consiste surtout en la représentation d’une histoire particulière, subjective, remarquable par les aspects dramatiques qu’elle a à offrir. C’est l’accumulation des perspectives qui fait de l’art ce qu’il est, et non la déclinaison infinie d’une même posture, aussi profonde et puissante soit-elle. 

Article paru dans DSI n°117, septembre 2015

Notes

(1)  « Top-US-Grossing War Feature Films With At Least 1,000 Votes », International Movie Data Base, http://www.imdb.com/search/title?genres=war&num_votes=1000,&sort=boxoffice_gross_us&title_type=feature, consulté le 15 mai 2015.

(2)  Terrence McCoy, « How Clint Eastwood’s “American Sniper” stoked the American culture wars », Washington Post, 20 janvier 2015, http://www.washingtonpost.com/news/morning-mix/wp/2015/01/20/how-clint-eastwoods-american-sniper-has-been-swept-up-in-the-american-culture-wars/, consulté le 15 mai 2015.

(3)  Jack Crone, « “I wish I’d killed more”: American Sniper Chris Kyle said his only regret was that US lives were lost because he shot too few Iraqis », Daily Mail, 25 janvier 2015, http://www.dailymail.co.uk/news/article-2925187/I-wish-d-killed-American-Sniper-Chris-Kyle-said-regret-lives-lost-shot-Iraqis.html, consulté le 16 mai 2015.

(4)  Charles-Philippe David , Louis Balthazar, Justin Vaïsse, La politique étrangère des États-Unis. Fondements, acteurs, formulation, Presses de Sciences Po, Paris, 2008, p. 55.

(5)  Ibid., p. 76-81.

(6)  Walter Russel Mead, Special Providence: American Foreign Policy and How It Changed the World, Routledge, Londres, 2002, 400 p.

(7)  Tanguy Struye de Swielande, La politique étrangère de l’administration Bush. Analyse de la prise de décision, Peter Lang, Bruxelles, 2007, p. 78.

(8)  Walter Russel Mead, « The Jacksonian Tradition and American Foreign Policy », The National Interest, no 58, hiver 1999/2000, p. 7.

(9)  Tanguy Struye de Swielande, op. cit., p. 79.

(10)  Walter Russel Mead, « The Jacksonian Tradition and American Foreign Policy », op. cit., p. 8.

(11)  Dans son documentaire, Moore interviewait sans ménagement Charlton Heston, l’ancien président de la National Rifle Association (NRA) et ami proche de Clint Eastwood, le tout en empiétant sur sa propriété. S’ensuivit une controverse lors de laquelle Eastwood a, sous le coup de la colère, proféré des menaces de mort à l’égard de Moore.

(12)  En 2013, le vétéran copubliait un ouvrage intitulé American Guns: A History of the US in Ten Firearms.

(13)  Eastwood a notamment déclaré aux journalistes que « la plus grande posture antimilitariste qu’un film puisse adopter est de montrer ce que la guerre inflige aux familles et aux personnes devant réintégrer la vie civile, comme l’a fait Chris Kyle. »

(14)  Stephen Galloway, « Clint Eastwood Describes His Near-Death Experience, Says “American Sniper” Is Anti-War (Exclusive) », The Hollywood Reporter, 16 mars 2015, http://www.hollywoodreporter.com/news/clint-eastwood-describes-his-death-781618, consulté le 18 mai 2015.

(15)  Le film est inspiré du tristement célèbre « incident on Hill 192 » (1966), qui vit une jeune Vietnamienne se faire kidnapper, violer puis tuer par une escouade de soldats américains.

(16)  Isabelle Regnier, « “Démineurs” : sur le terrain de mort des démineurs, surhommes et hypervulnérables », Le Monde, 22 septembre 2009, http://www.lemonde.fr/cinema/article/2009/09/22/demineurs-sur-le-terrain-de-mort-des-demineurs-surhommes-et-hypervulnerables_1243626_3476.html, consulté le 20 mai 2015.

À propos de l'auteur

Simon Desplanque

Doctorant au sein de la Chaire InBev-Baillet Latour, université catholique de Louvain.

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