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Le CV90, IFV européen standard ?

Un CV9030N norvégien lors d’un exercice. Depuis, les véhicules d’Oslo ont été modernisés. Les plus anciens seront transformés en engins du génie ou multifonctions. (© MoD)

Par Pierre Petit, expert en systèmes d’armes. Article paru dans DSI n° 126, novembre-décembre 2016.

Véritable succès commercial, le CV90 règne en maître depuis plus de vingt ans dans le créneau des véhicules blindés de combat d’infanterie (IFV), principalement en Europe du Nord. Il forme avec un autre best-­seller, le char de bataille allemand Leopard 2, une association redoutable constituant un poing blindé de qualité au sein de forces armées aux effectifs restreints. Outre ses caractéristiques propres et son excellente qualité de fabrication, la modularité est l’argument de vente principal du CV90. Elle permet au constructeur de satisfaire aux desiderata d’une clientèle exigeante en proposant une plate-­forme générique de premier ordre, tout en réduisant les coûts de production et de maintenance. Très récemment, de nouveaux pays de l’ex-Pacte de Varsovie ont semblé intéressés par ce concept afin de remplacer leurs flottes de vieux BMP.

Développement et évolutions

Le projet initial du CV90 (Combat Vehicle 90), d’abord dénommé Strf (Stridsfordon) 9040 – soit véhicule de combat canon de 40 mm année 90 –, a été lancé en 1983, associant les forces armées suédoises, la FMV (Försvarets Materielverk, l’équivalent de la DGA) et les industriels Hägglunds (châssis et train de roulement) et SAAB Bofors (tourelle, armement, munitions). De nos jours, le CV90 est exclusivement produit par BAE Systems Hägglunds, à Örnsköldsvik, dans le nord du pays. Cet ambitieux projet visait à satisfaire une demande opérationnelle de l’armée suédoise pour une plate-­forme générique pouvant être déclinée en différentes versions. La première d’entre elles est celle d’un véhicule de combat d’infanterie à haute mobilité, équipé d’une protection accrue et d’une grande puissance de feu. Le cahier des charges fut terminé en 1985. L’année suivante, deux prototypes – un Strf 9040 et un Strf 9025, qui n’a pas été retenu – ont été commandés afin de procéder aux premiers tests. Cinq autres, déclinés en différentes versions (dépannage, commandement et observateur d’artillerie), ont été fournis entre 1988 et 1991 afin de poursuivre des essais plus poussés en conditions extrêmes.

Couronnés de succès, ces derniers se sont conclus en mars 1991 par la signature d’un contrat concernant la mise en production du véhicule, qui a alors pris la dénomination officielle de CV9040. Le premier exemplaire a été remis aux forces le 1er novembre 1993. Entre-­temps, en juin de la même année, un nouveau contrat prévoyait l’acquisition de quatre autres versions. Ainsi, la seconde tranche livrée entre 1995 et 1996 a permis aux versions antiaériennes, dénommées « TriAD », de dépannage, de commandement et d’observation d’artillerie de rejoindre les rangs de l’armée suédoise. Une troisième tranche de 150 CV9040 a été commandée en avril 1994 et suivie en novembre 1997 par 87 autres de la même version constituant la quatrième tranche. Le 24 septembre 2002 était livré le dernier véhicule de la cinquième et ultime tranche, qui portait l’effectif des CV90 suédois, toutes versions confondues, à 549 exemplaires, dont 40 furent mis sous cocon. Au total, le programme et la production du CV90 ont coûté 13,7 milliards de couronnes suédoises.

Les versions suédoises

Au fil de livraisons qui se sont échelonnées sur un peu plus de dix ans, le CV9040 n’a cessé d’évoluer. Hormis le modèle d’origine, qui n’est plus en service, qui ne porte pas de lettre, les évolutions successives sont identifiées par les lettres A, B, B1 et C. Le CV9040A, entré en service en 1997, dispose d’un armement principal entièrement gyrostabilisé afin d’engager des objectifs en déplacement, ce qui a nécessité l’installation d’une nouvelle conduite de tir ainsi que de nouvelles suspensions. L’ergonomie a été revue, avec plus d’emplacements prévus pour le fret ainsi que de nouvelles trappes au niveau du compartiment arrière. Ces aménagements ont entraîné la suppression d’un siège, réduisant l’effectif du groupe de combat.

Le CV9040B, entré en service en 1999, bénéficie d’un système de stabilisation plus performant pour l’armement principal, avec un nouveau logiciel pour la conduite de tir. Une nouvelle lunette de tir couplée à un écran vidéo facilite l’acquisition de jour et de nuit. Les suspensions sont encore améliorées et les fantassins disposent de nouveaux sièges ergonomiques. Le CV90B1, initialement développé pour les opérations extérieures, servait en fait de modèle de transition avant le CV9040C.

Ce dernier, introduit dans les forces suédoises, représente une amélioration importante. Il se caractérise par l’installation d’un nouveau type de blindage additionnel pour la caisse et la tourelle, donnant à celle-ci un aspect futuriste. Ces kits de blindage, produits à 55 exemplaires, ont été livrés entre 2001 et 2002 par la firme allemande IBD Deisenroth par le biais de sa filiale suédoise Akers-­Krutbruk. Ils ont fait passer le poids du véhicule de 22,8 t à 27,6 t. De plus, la face interne de la caisse est tapissée d’un liner contre les arrachements de métal. Treize CV9040C ont été déployés pour la première fois en 2004 au Libéria, dans le cadre d’opérations menées par les Nations Unies. En 2011, neuf ont été envoyés sur le théâtre afghan où ils ont pris part à une douzaine de combats contre les insurgés. Le CV9040C se caractérise par l’installation d’un kit adaptable permettant aux équipages de s’entraîner sur le terrain à partir du véhicule. Le système de climatisation est amélioré, causant une nouvelle perte de place réduisant l’effectif du groupe de combat à six hommes.

La version antiaérienne sur le châssis du CV90 était initialement baptisée Lvkv 9040 (Luftvärnskanonvagn ou véhicule de défense antiaérienne). Renommée TriAD, elle a été construite en faible nombre et est destinée à fournir aux unités blindées et postes de commandement une bulle de protection de défense antiaérienne basse altitude. Elle se caractérise par un radôme proéminent installé à l’arrière gauche de la tourelle dans lequel est installé le radar Harfang conçu par Thales. Son canon de 40 mm est stabilisé sur deux axes afin de traiter des cibles aériennes et terrestres en déplacement. Trois véhicules ont été mis au standard C.

La version de commandement, dénommée Stripbv 90 (Stridsledningspansarbandvagn) a été développée à partir de 1990 et est entrée en service en 1995. Destinée surtout aux états-­majors de niveaux bataillon et brigade, elle est équipée d’une tourelle biplace armée d’une mitrailleuse légère de 7,62 mm d’autodéfense. Deux véhicules ont été portés au standard C. La version d’observation d’artillerie Epbv 90 (Eldledningspansarbandvagn) a pour fonction de diriger et régler les tirs d’artillerie, directs comme indirects. Huit exemplaires ont été mis au standard C. La version de dépannage Bgbv 90 (Bärningsbandvagn) a été développée début 1993 à partir des prototypes du CV90. À la suite d’essais concluants, une commande a été passée six mois plus tard, débouchant sur une production dès mai 1995. Cette version est équipée de deux treuils produits par Rötzler, leader mondial dans ce segment, possédant une capacité de traction de 9 t et 72 t avec poulies de mouflage. De plus, une grue est installée sur la partie arrière gauche de la caisse ainsi qu’une lame dozer à l’avant, destinée à ancrer le véhicule lors des travaux de force.

Trois véhicules ont été portés au standard C afin d’être engagés en Afghanistan. En 2016, le ministère de la Défense suédois a signé avec HB Utveckling AB un contrat de revalorisation concernant les 262 exemplaires les plus anciens. L’accent est mis sur le châssis, la protection et une nouvelle électronique de tourelle qui facilite l’interopérabilité par le biais de la numérisation avec les Strv 122, version suédoise du char Leopard 2A5.

Le CV90 et le marchéde l’exportation

Véritable succès commercial, le CV90 est en service au sein de sept armées, en différents modèles et versions. Le premier acheteur fut la Norvège, qui en a commandé 104 exemplaires en avril 1994. Le véhicule est nommé CV9030N ou Mk I. Le cahier des charges norvégien serait ici trop long à énumérer. Néanmoins, les spécificités les plus marquantes ont trait à l’armement, à la motorisation et à la protection.

Concernant l’armement, le CV9030 est armé du canon ATK de 30 mm Bushmaster II – nécessitant une modification de la tourelle – et d’un poste de tir de missiles antichars MBDA Eryx. La motorisation est plus puissante, avec un Scania de 666 ch. La protection balistique est améliorée grâce au blindage additionnel d’IBD Deisenroth. Au début de 1996, quatre exemplaires ont été soumis à des tests en conditions réelles, couronnés de succès. Les 24 premiers CV9030N de la première tranche ont été livrés en 1998, suivis par 36 autres en 1999 et 40 en 2000. La tourelle est construite localement par Kvaerner Eureka alors que son intégration sur le châssis, importé de Suède, est effectuée par Hägglunds, à Moelv.

En septembre 2003, 17 exemplaires ont bénéficié d’un premier rétrofitage avec l’installation d’une caméra de recul pour le pilote, d’une protection ventrale anti-­mines et d’une climatisation plus performante. Ces véhicules ont pris la dénomination CV9030NF1. Le 21 juin 2012, un contrat majeur de 750 millions de dollars fut signé entre le ministère de la Défense norvégien et les firmes BAE Systems Hägglunds et Kongsberg. Il portait sur l’achat de 110 exemplaires neufs mis au tout dernier standard Mk III ainsi que sur la transformation de 34 anciens Mk I, faisant passer l’effectif de la flotte à 144 véhicules. Les améliorations apportées sur le modèle Mk III sont les fruits des retours d’expérience du théâtre afghan, où la Norvège a déployé un certain nombre de CV9030N avec le bataillon Telemark. Le programme a débuté en janvier 2015 et est toujours en cours – il doit s’achever en 2017. Le premier véhicule a été livré le 3 septembre 2015. Les 110 modèles Mk III comprennent 74 IFV dénommés SPV, 21 véhicules de reconnaissance équipés d’un mât d’observation télescopique développé par Vinghög et 15 de commandement. Les 34 Mk I sont ainsi modifiés : 16 en version du génie, 16 en version multifonction MULTIC (transformables en véhicule logistique ou mortier) et deux en véhicules auto-­écoles. Le reliquat de Mk I sera mis sous cocon.

Les modèles Mk III norvégiens se caractérisent par l’installation d’un tourelleau téléopéré Kongsberg armé d’une mitrailleuse lourde M‑2 de 12,7 mm permettant à l’équipage de bénéficier de la fonction hunter/killer, car le tourelleau est mis en œuvre par le groupe de combat assis dans le compartiment arrière. Autre nouveauté d’importance, l’installation de chenilles caoutchoutées produites par la firme québécoise Soucy International. Testées quelques années plus tôt sur le théâtre afghan, elles se sont révélées particulièrement performantes sur terrain abrasif. Par rapport à celles en acier, elles réduisent le poids du véhicule de plus d’une tonne, le bruit de 50 % et les vibrations de 65 %, permettant ainsi d’augmenter la longévité de l’électronique et de l’optique embarquée.

Second acheteur étranger, la Suisse souhaitait se doter à la fin des années 1990 d’un nouveau « char de grenadiers » dans le cadre du programme Schützenpanzer 2000 (Spz 2000) afin de remplacer sa flotte de 400 Spz 63/89, version locale du M‑113 américain. Plusieurs firmes ont été contactées et, à l’automne 1997, on débuté des évaluations desquelles est sorti vainqueur le CV90, devant le Warrior britannique et le M12 allemand, un dérivé du Marder. Un contrat a été signé à la fin de l’année 1990 avec BAE Systems Hägglunds, portant sur l’acquisition de 186 véhicules, livrés entre septembre 2002 et décembre 2005. Le nouveau véhicule, qui a pris la dénomination de CV9030CH ou Mk II, est décliné en deux versions : 154 de combat d’infanterie et 32 de commandement. Le châssis était importé de Suède alors que la tourelle était fabriquée à Thoune par RUAG, également chargé de l’intégration sur le châssis. Basé en partie sur le modèle norvégien, l’engin suisse se caractérise par un blindage identique, un système d’information régimentaire et un réseau vidéo commun aux trois membres d’équipage et au chef de groupe installé dans le compartiment arrière, rehaussé de 14 cm. On y accède par une rampe à commande hydraulique et il est surmonté d’un tourelleau équipé de sept épiscopes. L’armement principal est un canon ATK de 30 mm/40 mm Mk44 construit sous licence par Oerlikon/Contraves. Un canon de 40 mm peut être installé dans la tourelle sans modifications majeures. Actuellement, la Suisse aligne six bataillons de chars dans lesquels se trouvent deux compagnies à 14 CV9030CH. Chaque compagnie se compose de trois sections de combat à quatre véhicules, plus deux de commandement. Le reliquat est réparti dans les différents centres d’instruction : Thoune (pilotage), Bure (combat) et Wichlen (tir). Il est à noter que les chenilles caoutchoutées Soucy sont en cours d’évaluation au sein de l’armée helvétique.

En 2000, et parallèlement au contrat suisse, la Finlande s’est elle aussi dotée du CV9030 Mk II, avec une commande initiale de 57 exemplaires, dont le premier a été livré en avril 2002 et le dernier en 2005. Une seconde tranche de 45 véhicules a été commandée en 2004, avec des livraisons s’échelonnant de 2006 à 2007. C’est Patria qui a été chargé de la production de la tourelle et de son intégration sur le châssis. Dénommée CV9030FIN, cette version est très proche de la version helvétique, avec un armement similaire.

En 2004, les Pays-Bas ont signé avec BAE Systems Hägglunds un contrat portant sur la livraison initiale de 200 CV9035 Mk III, modèle le plus abouti à l’époque, pour un montant de 749 millions d’euros. Mais en raison de coupes budgétaires, la commande a été ramenée à 193 exemplaires, dont 150 en version de combat d’infanterie, 34 de commandement et 9 d’instruction. L’ensemble des véhicules a été produit et livré entre 2007 et 2010. La construction des tourelles et leur intégration sur la caisse, mais aussi le train de roulement et le système de suspensions ont été confiés à La firme Van Halteren Defence. Dénommé officiellement CV9035NL, ce modèle se démarque par de nombreuses améliorations. Dans le domaine de la protection, 184 kits modulaires de blindage composite pour le toit de la tourelle ainsi que celui de la caisse ont été commandés à RUAG en 2005, pour 13 millions de francs suisses, plus cent kits de blindage composite pour améliorer la protection des flancs de la caisse.

Autre élément d’importance dans le domaine de la protection passive, les Mk III néerlandais sont équipés d’un dispositif soft kill produit par SAAB Aviotronics, composé de détecteurs d’alerte laser couplés à dix lance-­grenades montés de part et d’autre de l’arc frontal de la tourelle. Sur le Mk III, l’armement principal est désormais le canon mitrailleur ATK 35mm/50mm Bushmaster III à double alimentation, faisant des Pays-Bas le premier utilisateur de cette arme redoutable capable de tirer des munitions « airburst ». En 2005, un contrat de 65 millions d’euros a été signé avec Thales Optronics BV afin de remplacer l’optique du chef de bord et celle du tireur sur 184 véhicules. Cette opération a permis d’installer la caméra thermique française Catherine, qui offre aux deux membres d’équipage en tourelle une vision jour/nuit indépendante.

Dernier acheteur de CV90 neufs, le Danemark en a commandé 45 pour 274 millions de dollars. Comme les Pays-Bas, il a sélectionné le CV90 Mk III avec les plus récentes améliorations dans le domaine de l’observation et de la sécurité passive. À la différence des autres acheteurs étrangers, les châssis et les tourelles ont été construits au Danemark par Hydrema Export A/S qui a livré les véhicules aux bataillons mécanisés entre août 2007 et fin 2009. Comme en Suède, dix exemplaires ont été modifiés afin d’être engagés en opérations extérieures, avec un renforcement de la protection passive et une amélioration du système de climatisation. Grâce à cette dernière commande de véhicules neufs, le chiffre total de la production de ce « best-­seller » avoisine 1 300 exemplaires, faisant du CV90 le VCI européen le plus vendu actuellement.

Quant à l’Estonie, elle s’est dotée en décembre 2014 de 44 CV9035NL néerlandais. Première nation à acheter des CV90 d’occasion, le petit État balte, satisfait des premiers exemplaires, a acquis 35 caisses supplémentaires auprès de la Norvège en janvier 2016, pour un montant de 600 000 euros. Dépourvues de tourelle, elles sont destinées à être transformées en véhicules d’appui ou de logistique au sein du bataillon de reconnaissance de la 1re brigade d’infanterie.

Le CV9040 : description

Commun à tous les modèles, le train de roulement est recouvert de jupes blindées. Dépourvu de rouleaux porteurs, il se compose de sept galets – ce qui constitue une première dans la gamme des VCI. Le barbotin est à l’avant et la poulie de tension, réglable à partir du poste de pilotage, à l’arrière. Produites par United Defence LP, les chenilles de 533 mm de large offrent au véhicule une pression au sol de 0,53 kg/cm². Le système de suspensions se compose de barres de torsion avec des amortisseurs installés au niveau des premier, second, sixième et septième galets doubles. La caisse est basse, compacte, et sa silhouette optimisée afin de réduire les signatures IR et radar. Elle est constituée de plaques mécanosoudées en acier. Ses dimensions sont de 6,47 m de long, 3,2 m de large, 1,73 m de haut, avec une garde au sol de 0,45 m. Son blindage structurel est donné pour résister aux munitions de 23 mm tirées sur le glacis frontal et aux tirs de 14,5 mm sur les flancs. À bords francs, son design a été pensé en vue de faciliter les opérations de décontamination.

Le GMP (Groupe Moteur Propulseur) est situé à l’avant droit de la caisse. Il se compose d’un moteur Scania V8 DSI 14 turbo Diesel délivrant 550 ch, d’un convertisseur de couple et d’une boîte de vitesses automatique Allison/Perkins X‑300‑5N à quatre rapports avant et deux arrière, autorisant une vitesse maximale de 70 km/h en marche avant et de 43 km/h en marche arrière. Les 525 l de carburant, implantés à gauche de la caisse, offrent une autonomie de 320 km. Le GMP est protégé par une imposante plaque moteur monobloc pourvue à son sommet de deux petites grilles munies de volets à commande électrique pour l’alimentation en air du moteur. Les deux radiateurs du système de refroidissement sont implantés à l’arrière droit de la caisse avec le pot d’échappement. La plaque moteur à ouverture hydraulique s’ouvre vers la droite, permettant de retirer le GMP en quinze minutes. Les capacités de franchissement sont de 1 m pour un obstacle vertical, 2,4 m pour une tranchée, 60 % pour une pente et 30 % pour un dévers.

À gauche, le poste de pilotage est doté d’un imposant volet dont l’ouverture s’effectue sur la gauche. Il est garni de trois épiscopes, dont le central peut être remplacé par un moyen IL pour le roulage de nuit. La tourelle biplace pèse 4,9 t. Elle est à pointage électrique (− 8° à + 27°) et décalée de 20 cm sur la gauche. Le tireur est à droite et le chef de bord à gauche. Le tourelleau de ce dernier est doté de six épiscopes et surmonté d’un volet pivotant. L’épiscope central, protégé par un volet blindé, peut être remplacé par une optique de tir. Le tireur dispose d’une lunette UTASS (Universal Tank and Anti-­Aircraft System) permettant d’engager des cibles terrestres et aériennes, produite par Kollsman (tout comme la conduite de tir automatique à laquelle elle est associée). Thermique, elle est dotée de deux voies jour/nuit.

L’armement principal est le canon de 40 mm 40/70B conçu par Bofors, alimenté par 120 obus pour le modèle C et 238 pour les modèles précédents. Son approvisionnement s’effectue par le biais d’un chargeur de 24 obus divisé en trois compartiments desservis par un carrousel de 48 coups situé sous le panier tourelle. Le panachage des munitions est possible et le type de ces dernières peut être rapidement changé au sein des compartiments par un ingénieux système hydraulique. Le canon est mis en œuvre par le tireur ou le chef de bord et sa cadence de tir est de 60 coups/min en mode « coup par coup » et de 300 coups/min en mode automatique. La portée des munitions est de l’ordre de 2 000 m pour des objectifs terrestres et de 4 000 pour des aéronefs. Les obus explosifs à fragmentation, MP‑T (MultiPurpose Tracer), PFHE Mk 2 (Vo 1 025 m/s) et 3 P (Prefragmented Programmable Proximity-­Fuzed ; Vo 1 012 m/s) sont privilégiés pour engager des cibles aériennes. Les obus-­flèches (Vo 1 470 m/s) à barreau de tungstène sont destinés aux cibles fortement blindées. Leur pouvoir de perforation est de 120 mm d’acier à distance de combat. À gauche du canon est montée la mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm Ksp 58 alimentée à 3 000 coups. Six lance-­grenades Galix, installés de part de d’autre de la tourelle, complètent l’armement. Ils peuvent tirer une grande variété de munitions et sont couplés au système d’alerte laser.

Le compartiment arrière abritait initialement huit fantassins ; il en accueille six sur le modèle C, qui y accèdent par une large porte et sont installés face à face, sanglés sur des sièges anatomiques qui peuvent être rapidement retirés pour transformer le véhicule en cargo. Le toit du compartiment est pourvu de cinq trappes, dont trois s’ouvrent à gauche et deux à droite. Le CV9040 est équipé d’un système de surpression NBC collectif installé à gauche dans la caisse, d’un système anti-­incendie et d’un GPS.

Article paru dans DSI n°126, novembre-décembre 2016.

 

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