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Prendre Taïwan est-il possible ?

Deux des quatre destroyers de classe Kee Lung de la marine taïwanaise. (© D.R.)

Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense. Article paru dans DSI hors-série n°58, février-mars 2018.

Si l’on peut considérer que la confrontation entre la Chine continentale et Taïwan renvoie, selon François Joyaux (1), à une confrontation entre les Asies orientales continentale et maritime et que la mer y prend donc une importance capitale, encore faut-il replacer la stratégie de Taipei dans son contexte et examiner ses vulnérabilités.

La marine taïwanaise a subi les répercussions d’une politique intérieure qui reste polarisée autour de la cruciale mais délicate question de l’attitude à adopter envers le continent. En conséquence et en dépit d’un PIB par habitant de 22 561 de dollars en 2016 et d’un taux de croissance de 3,1 % (2) pour une inflation maîtrisée, Taïwan ne consacre qu’une faible part de ses moyens à sa défense : en 2016, 9,82 milliards de dollars (3). Dans le même temps, la manœuvre stratégique chinoise consistant à obliger ses partenaires potentiels à opérer un choix quasi exclusif entre Pékin et Taipei limite l’amplitude du développement de relations stables entre Taïwan et d’autres États. De la sorte, les possibilités de montée en puissance de l’arsenal taïwanais sont particulièrement restreintes.

Une stratégie des moyens visée par Pékin

Pour autant, les contraintes structurelles pesant sur l’île n’ont pas obéré la mise en place de forces connaissant un processus de modernisation dynamique. C’est également le cas pour la marine, dont les équipements sont rarement de première main et qui fait face à un adversaire potentiel engagé dans un processus de modernisation aussi rapide que complexe. Dans ce contexte, les priorités taïwanaises peuvent se concevoir comme suit :
• la préservation de l’intégrité taïwanaise au travers du maintien des communications entre l’île de Taïwan et les Pescadores et, aux portes mêmes du continent, les groupes d’îles de Quemoy et Matsu ;
• corrélativement, la capacité à interdire à la marine et à la force aérienne chinoises l’accès aux territoires taïwanais tout en préservant sa capacité – technique et procédurale – à opérer conjointement avec les forces alliées, principalement américaine, mais aussi, à l’avenir, japonaise.

Dans cette optique, le développement de fortes capacités antinavires et anti-sous-marines a été historiquement prioritaire et a, plus récemment et en raison de la modernisation des forces aériennes chinoises, inclus l’élaboration d’une capacité antiaérienne à la mer. Or cette donne a évolué plus radicalement depuis le début des années 1980, lorsque la Chine a développé sa flotte océanique de surface de façon plus agressive. Les programmes de modernisation se sont alors orientés vers la disposition d’une flotte plus moderne, ambitionnant de remplacer les destroyers des classes Gearing et Sumner (construits durant la Deuxième Guerre mondiale). Le plan Kuang Hua I laissait ainsi supposer la mise en service de 25 frégates modernes. En pratique, seules quatre Oliver Hazard Perry/Cheng Kung (FFG‑7 dans l’US Navy, PFG‑2 dans la marine taïwanaise) ont été commandées en mai 1989 sur les 8 à 12 initialement programmées, et construites sous licence. D’autres constructions ont été lancées dans les années 1990, la décision de construire la 8e de la série intervenant en 1999, de sorte que les entrées en service se sont étalées de 1993 à 2004. Initialement équipées du missile Hsiung Feng II, elles ont ensuite été reconverties au RGM‑84L Harpoon en 2000 et ont également reçu quatre lanceurs Hsiung Feng III, cette fois supersoniques.

S’y ajoutent la livraison des trois premières Knox/Chi Yang d’occasion, en octobre 1993, toujours dans le cadre du programme Kuang Hua I. Elle fut suivie de celle de trois autres bâtiments en août 1995, puis des deux derniers de la série en octobre 1999. Tous issus de l’US Navy, ces navires accusent leur âge : ils ont été admis au service aux États-Unis en 1966, 1971 et 1972. La modernisation de leur électronique, et en particulier de leurs sonars et radars, a certes été évoquée, mais a tout aussi rapidement été renvoyée sine die. Les six frégates sont toujours en service.

Troisième type de frégates, les Kang Ding, dérivées des La Fayette, ont été commandées en 1992, dans le cadre du programme taïwanais Kuang Hua II. Le contrat, d’une valeur de 2,8 milliards de dollars, a cependant fait face à des problèmes divers. La France ne voulant pas vendre les armements adaptés sous la pression chinoise, Taïwan a dû installer des Sea Chapparal (version sol-air des Sidewinder de première génération) pour leur défense aérienne. Utilisable uniquement par temps clair et devant être rechargé à la main, le système apparaît peu efficace. De même, l’armement antinavire est composé de Hsiung Feng II dont l’intégration au système de combat Tacticos a été problématique. Certaines sont également dotées du Hsiung Feng III. Si la capacité ASM des bâtiments est respectable, ces frégates doivent impérativement opérer sous une ombrelle antiaérienne extérieure.

Au-delà de ces considérations, les desiderata de Taipei concernant l’acquisition de quatre destroyers Arleigh Burke se sont systématiquement heurtés au refus américain, Washington autorisant toutefois la livraison de 4 Kidd, variante antiaérienne des Spruance, initialement à la demande de l’Iran (4), pour 700 millions de dollars. Seule la moitié de leur dotation en missiles SM‑2 a d’abord été livrée, avant que 144 autres missiles soient finalement achetés en septembre 2007. Autre option un temps évoquée, le remplacement des Knox/Chi Yang par des destroyers américains Spruance sortis de service dans les années 1990 et alors abondamment disponibles (31 navires) s’est heurté au manque de disponibilités financières puis à la réalité : l’US Navy en a coulé la majeure partie au cours d’exercices.

Face à la pénurie de grandes unités modernes, l’amirauté a également été tentée par l’acquisition d’une série de 10 à 14 corvettes, dans le cadre du programme Kuang Hua V, pour lequel la MEKO 100 allemande ou la Saar V israélienne avaient été pressenties. Le programme s’est rapidement enlisé dans des considérations budgétaires. Finalement, c’est un programme de corvette catamaran de conception nationale qui a été lancé, débouchant sur l’admission au service actif du Tuo Chiang en 2014. Déplaçant 567 t, le bâtiment est doté de 16 missiles antinavires, d’un canon de 76 mm et d’un Phalanx de protection rapprochée. Une douzaine de bâtiments étaient attendus, mais des problèmes de conception ont retardé la mise sur cale de la deuxième unité, dont la protection antiaérienne devrait par ailleurs être renforcée.
Le remplacement de la flotte sous-marine est tout aussi problématique.

Actuellement, deux bâtiments de la classe Hai Lung, dérivés des Zwaaardvis hollandais et commandés en septembre 1981, sont en service. Taipei avait voulu, face à la montée en puissance chinoise, en commander quatre autres mais, entre-temps, les Pays-Bas, sous la pression de Pékin, ont interdit toute nouvelle vente d’armes à Taïwan, bloquant le dossier en 1992. Les deux Hai Shih encore officiellement en service sont de vieux Tench américains datant de la Deuxième Guerre mondiale et qui ne sont affectés qu’à l’entraînement. Dans ce cadre, on comprend que le lancement du programme Hai Lung II, portant sur huit bâtiments diesels-électriques, ait été considéré comme l’une des pierres angulaires de la stratégie navale taïwanaise. Pourtant garanti par G. W. Bush lui-même, le contrat n’a pas été concrétisé. Aucune combinaison possible entre designers et chantier naval n’a pu être trouvée, toujours sous la pression chinoise. Un montant de 11 milliards de dollars avait même été évoqué, afin de dépasser les appréhensions politiques européennes – les États-Unis ne construisant plus de sous-marins à propulsion conventionnelle –, suscitant cette fois la colère des Taïwanais, furieux à l’idée de payer pour leurs huit SSK un montant correspondant à… cinq sous-marins nucléaires d’attaque de la classe Seawolf ! Si on parle depuis 2016 de la conception d’un sous-marin national, Taipei fait clairement face à un déficit de savoir‑faire…

Un rapport de force en constante dégradation

Cette même pression chinoise, si elle s’exerce sur les constructeurs occidentaux, s’exerce aussi sur les parlementaires taïwanais eux-mêmes. Aussi, le remplacement des S‑2 Tracker de l’aéronavale par 12 P‑3C n’a finalement été acté qu’en septembre 2007, les appareils n’arrivant effectivement… qu’en 2017. Seule l’acquisition de 20 hélicoptères S‑70C a pu être réalisée sans trop de pressions. En tout état de cause, l’isolement dans lequel la Chine a placé Taipei lui a permis de gagner un temps précieux pour moderniser sa propre flotte, qui est aujourd’hui incomparablement plus puissante que celle de Taïwan. Les stratèges taïwanais sont conscients de cette manœuvre d’un genre particulier et cherchent à la contourner en développant une industrie nationale qui serait capable d’entretenir les matériels acquis et, le cas échéant, de fournir des systèmes complets.

Ainsi, dans le domaine des patrouilleurs, le programme Kuang Hua VI a été directement mené par le Ship Development Center installé sur la base de Tsoying. Lancé en 1996, ce programme envisageait la mise en service de 50 navires de 170 t dotés d’un canon de 20 mm et de missiles Hsiung Feng II et capables de filer 30 nœuds. Finalement, seuls 31 navires ont été reçus, qui opèrent en complément de 12 Ching Chiang plus anciens et dont certains ont été dotés de missiles antinavires. Les opérations de guerre des mines devaient, quant à elles, profiter de la vente d’occasion de deux chasseurs de mines de la classe Osprey par les États-Unis, utiles dans l’hypothèse d’un blocus de l’île par la marine chinoise. Cependant, cette vente montre également la prudence de l’administration américaine à l’égard de Taïwan. Matériels de nature pourtant défensive – en particulier dès lors que ceux en ligne sont des Adjutant et des Aggressive déclassés depuis longtemps en Europe ! –, les bâtiments de guerre des mines sont considérés comme à même de froisser Pékin en raison de leur capacité à pouvoir rompre un éventuel blocus. Cette prudence américaine est encore plus patente dans le domaine des bâtiments amphibies. Le LSD (Landing Ship Dock) Pensacola (classe Hsu Hai) acquis d’occasion en 2000 devait ainsi être suivi d’une seconde unité qui, finalement, ne sera pas livrée.

De même, la livraison de deux LST (Landing Ship Tank) de la classe Newport (devenus classe Chung Ho) sera à peine suffisante pour permettre, au choix, le soutien logistique des garnisons de Quemoy et Matsu ou celui des forces déployées dans les Spratly. Hautement symboliques, Quemoy et Matsu sont les hauts lieux des crises de 1954-1955 et de 1958-1959, lorsque les Américains envisageaient des frappes nucléaires contre la Chine afin de protéger Taïwan (la solution d’un accord de défense mutuel étant toutefois jugée préférable (5)). Or Quemoy est à portée d’artillerie de la Chine – l’île se situant à moins de 10 km des côtes chinoises, de sorte qu’elle est considérée comme une « sonnette d’alarme » (tripwire) dans la stratégie taïwanaise. En conséquence, si, au plus fort de la première crise des détroits, 58 000 Taïwanais y étaient stationnés (menant notamment des missions contre la Chine depuis l’île), seules quelques batteries SAM y sont encore déployées.

Face à la Chine

Finalement, l’état de la marine taïwanaise tend à démontrer l’inexorable érosion de ses capacités face à la montée en puissance de la marine chinoise dans un contexte où la géographie importe également. La bathymétrie du détroit lui-même est ainsi défavorable aux actions sous-marines. Celles-ci sont considérablement facilitées au sud de Taïwan, de même qu’à l’est : à 40 km de ses côtes, la profondeur maximale passe de 200 m à plus de 200 m, favorisant les options chinoises d’interdiction de l’île à des renforts américains ou japonais. Face à cette situation, la marine taïwanaise semble avoir placé l’accent sur ses capacités en matière de batteries côtières mobiles afin de procéder à un verrouillage du détroit.

Dans le même temps cependant, l’accent– chinois cette fois – mis sur les engins balistiques et les stratégies de décapitation ne cesse d’inquiéter Taïwan, dont chaque déclaration à propos de la menace chinoise comprend invariablement une évaluation du nombre de missiles pointés sur l’île – et plus que probablement sur lesdites batteries côtières. L’équation navale est donc, on le comprendra, particulièrement complexe. Si Taïwan compte également sur son aviation pour lancer des frappes antinavires, le fait est que le processus de modernisation chinois est également particulièrement dynamique dans les secteurs aérien et antiaérien. En fin de compte, la corrélation des forces taïwanaises est particulière et d’aucuns de s’interroger sur la capacité de l’île à se défendre seule face à une attaque chinoise en règle. Dans le domaine naval, cette aptitude sera de plus en plus douteuse. Si les personnels maîtrisent bien leurs bâtiments, les limitations de ces derniers ne sont qu’une partie de ce qui fait la dégradation des termes de l’échange stratégique avec la Chine. Le fait que tout l’approvisionnement en carburant de l’« île rebelle » dépende de la mer ; que la Chine soit en mesure d’envelopper puis d’interdire Taïwan ; que, face à la montée en puissance chinoise, les ventes américaines ne suivent pas les desiderata de Taipei ; ou encore que la défense taïwanaise ne bénéficie pas nécessairement du soutien politique qu’elle devrait avoir sont autant de facteurs négatifs. Dans la pratique, la meilleure garantie de la sécurité maritime taïwanaise reste l’US Navy, ce qui pose donc la question de l’engagement politique américain.

La variable politique, déterminante de la sécurité de l’île

Depuis le début de la guerre froide, Taïwan a systématiquement été perçu comme un avant-poste américain en Asie – y compris après la visite de Nixon en Chine, en 1971 –, et ce, au même titre que le Japon. De facto, la détermination américaine était assez remarquable. Ainsi, on notera que la tension dans le détroit de Taïwan était, durant les années 1950 et 1960, incomparablement plus importante que ces vingt dernières années. Il suffit ainsi de se rappeler les combats aériens de 1958 (durant lesquels les Chinois ont récupé des AIM‑9 Sidewinder non explosés, permettant à l’URSS de développer l’AA‑2 Atoll) ou le fait que 13 U‑2 partis de Taïwan ont été abattus au cours de missions de renseignement au-dessus de la Chine. De même, les États-Unis y avaient positionné, un temps, des missiles de croisière Matador, dotés de charges nucléaires. Le courant d’opinion selon lequel la Chine pouvait être la cible de frappes nucléaires dans l’hypothèse où Taïwan serait sur le point de tomber était lui-même, dans les années 1950 et 1960, assez fort à Washington.

Dans les représentations américaines, l’île est naturellement ancrée dans l’espace occidental et a toujours été intégrée dans les plans de déploiement de la marine. Ainsi, lors de la troisième crise des détroits, en 1999, la Navy a dépêché un groupe de porte-avions au cœur du détroit (annonçant ensuite l’envoi d’un second, puis d’un troisième), tandis que la Chine menait une série d’essais de missiles balistiques dont certains ne sont tombés qu’à quelques dizaines de kilomètres de l’île. Le fait que Taïwan ait connu un processus de démocratisation et la forte visibilité des opérations chinoises de 1995-1996 ont largement concouru à renouveler l’attachement américain à la défense de l’île. Dans ce contexte, la conduite d’une série de simulations par la RAND, dans les années 2000, a permis de conclure que, seul, Taïwan avait 70 % de probabilité de perdre une campagne incluant des opérations aériennes et navales majeures. Selon les analystes, tenant compte des vulnérabilités des uns et des autres, le détroit se transformerait en « cimetière naval » au cours de batailles extrêmement destructrices, avec des taux d’échanges inédits dans l’histoire militaire post-guerre froide.

À ce moment, ils estimaient que l’engagement d’un porte-avions américain laisserait 50 % de chances à Taïwan de l’emporter. Que deux groupes de porte-avions opérant à l’est de l’île et qu’un wing de F‑15 soient engagés et Taïwan aurait alors 80 % de probabilité d’en sortir vainqueur. Ce serait d’autant plus le cas si les États-Unis engageaient dans les opérations leurs sous-marins nucléaires d’attaque. Depuis lors, les scénarios des années 2000 sont devenus inenvisageables. La modernisation des forces chinoises et sa posture A2/AD rendent peu probable l’engagement d’un groupe de porte-avions dans le détroit, et même à proximité de l’île. Le fait est que, quel que soit le statut opérationnel des missiles antinavires DF‑21D, la seule perspective de perdre un ou plusieurs porte-avions a une valeur dissuasive considérable. Elle l’est d’autant plus que, depuis les années 2000, l’arsenal nucléaire chinois a également évolué : au jeu de la dissuasion, la corrélation des forces importe. 

Envahir Taïwan ? Pas si simple !

Un assaut amphibie reste une opération éminemment complexe où les seules variables du nombre d’hommes et de celui de navires à disposition ne sont pas nécessairement les plus importantes. Leur motivation, leur maîtrise et une coopération interarmes sans faille sont absolument nécessaires, au même titre que l’obtention de la surprise stratégique ; domaines sur lesquels la Chine s’est focalisée ces dernières années. Or, à bien des égards, les opérations menées en Normandie ou à Incheon sont à la source d’imaginaires parasitant les analyses. Dans ces deux cas, les alliés profitaient de la surprise stratégique, avaient débarqué dans des zones où l’ennemi n’était pas massivement concentré et disposaient d’une supériorité humaine et matérielle écrasante. Comparativement, la Chine ne pourrait pas créer la surprise stratégique, tant le détroit de Taïwan est surveillé à la fois par Taipei, mais aussi par les États-Unis, tandis que le Japon déploie de plus en plus fréquemment ses forces dans la zone ou à proximité immédiate. Par ailleurs, si la Chine serait en mesure de masser des forces considérables – trois divisions au minimum –, la structure de ses forces amphibies reste peu adaptée à des opérations de traversée d’un détroit large de plus de 200 km et où les conditions de navigation sont particulières. Selon des estimations américaines, le débarquement de 20 divisions chinoises – et leurs approvisionnements – nécessiterait 600 bâtiments durant 15 jours ; un volume de forces que Pékin n’a toujours pas à sa disposition en dépit de la modernisation de ses capacités amphibies. De plus, la plupart sont des LST (Landing Ship Tanks) débarquant les équipements transportés directement sur les plages, évinçant donc toute conception d’attaque « au-delà de l’horizon » et, donc, toute surprise, cette fois tactique. Enfin, les forces chinoises devraient débarquer dans une zone relativement exiguë, où les forces taïwanaises sont concentrées. Seules quelques portions du littoral de l’île, assez aisément identifiables, se prêtent à un débarquement. Dans un tel cadre, seule la prise des ports taïwanais, éventuellement au moyen d’opérations aéroportées, serait de nature à permettre l’injection rapide de forces chinoises sur l’île. Mais celles-ci se heurteraient alors à des forces terrestres qui souffrent certes de déficits – en matière de maintenance des matériels ou encore de coopération interarmes/interarmées –, mais qui sont fondamentalement puissantes et bien adaptées à leur environnement.

 

Article paru dans DSi hors-série n°58, février-mars 2018.

Notes

(1) François Joyaux, Géopolitique de l’Extrême-Orient, tomes 1 et 2, Complexe, Bruxelles, 1991.

2) Au troisième trimestre 2017. National Statistics, Republic of China (https://eng.stat.gov.tw/point.asp?index=1), consulté le 12 janvier 2018.

(3) IISS, Military Balance 2017, Londres, 2017.

(4) Révolution islamique oblige, les bâtiments n’avaient pas été livrés.

(5) Ce traité fut remplacé par un Taïwan Relations Act en 1979, à la suite de la reconnaissance de la Chine par les États-Unis après la visite de Richard Nixon à Pékin en 1971. Corrélativement, les forces américaines déployées sur l’île (et comprenant des F‑4 Phantom et des U‑2 aux couleurs taïwanaises) furent également retirées.

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