Lectures

Infinity Journal

Vol. 6, no 2, été 2018, 35 p.

Publiée depuis 2010, la revue, librement accessible en ligne à l’adresse https://www.infinityjournal.com/, après s’être enregistré, donne traditionnellement la parole à de grands noms des études stratégiques, à commencer par Colin Gray. Justement, l’Américano-Britannique traite de la question de l’histoire stratégique et des relations entre histoire et stratégie, mais surtout des problèmes que leur relation entraîne : si elles se nourrissent mutuellement, l’une n’est pas l’autre, au risque d’une analogie qui n’est pas bonne conseillère. Un deuxième article, d’Antulio Echevarria, traite des problèmes des visions positivistes – en prenant l’exemple de Schelling – et le rapport à la rationalité. Dans le contexte actuel de désinformation, il est particulièrement utile. Lukas Milevski revient ensuite sur « le choix de la stratégie », soit les prérequis selon lesquels un acteur choisit de s’engager dans un « jeu » d’interactions. S’il est théorique, il est également intéressant au regard des notions de rationalité et d’irrationalité. Kevin Benson analyse quant à lui les conditions de réussite de la stratégie à travers l’exemple américain en Afrique et, en fait, l’activisme. Dans ce cas de figure, la pression du politique pour « faire quelque chose » finit par rendre inutile une action parce que ces conditions n’ont pas été évaluées. Il propose dès lors de nous demander, avec Cohen, « pourquoi nous pensons qu’une action donnée pourrait réussir ». Eado Hecht revient pour sa part sur la possibilité d’une nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah et son soutien iranien, tandis que M.L.R. Smith et David Jones entreprennent d’examiner le terrorisme sous l’angle de Clausewitz. Tout n’est certainement pas dit, mais ce qui l’est est intéressant. Un nouveau numéro qui confirme donc la qualité de la publication. J. H.

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