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Haute antiquité de la pensée stratégique. La bataille de Qadesh

La plaine dans laquelle la bataille de Qadesh s’est déroulée. La bataille porte toujours en elle des enseignements qui ne manquent pas de rester contemporains, en particulier au regard de la question de la poursuite. (© D.R.)

Par le capitaine de corvette Olivier Buard, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense. Article paru dans DSI n°53, novembre 2009.

En l’an 4 du règne de Ramsès II, le prince Benteshina d’Amourrou trahit son suzerain hittite Mouwattali et rallie Pharaon : un an plus tard, c’est l’ouverture des hostilités entre les deux empires d’Égypte et du Hatti (1). La première bataille documentée de l’Histoire, Qadesh (2), va avoir lieu. Qadesh interpelle triplement. La taille des armées engagées n’a rien à envier à celle des armées modernes, pourtant à une époque de pauvreté démographique. Ensuite, les sources à notre disposition, seulement égyptiennes, laissent perplexe : elles donnent l’image d’une bien étonnante victoire pharaonique, quasiment propagandiste. Enfin et surtout, l’analyse objective de la campagne montre de la part des états-majors une véritable réflexion de niveau stratégique. Ainsi, un millénaire avant Sun Tzu, les concepts stratégiques enseignés aujourd’hui paraissent établis : qu’une telle avancée intellectuelle ait pu émerger d’une société capable, mille ans plus tôt, d’édifier la Grande Pyramide, reste acceptable ; la qualité de la stratégie élaborée par le rustique peuple hittite, certes guerrier par atavisme, est plus surprenante. En étayant ce constat par quelques préceptes de l’art de la guerre enseignés depuis Sun Tzu, et en vérifiant l’existence d’une pensée stratégique structurée aux temps les plus anciens, nous espérons trouver le véritable vainqueur de la bataille et de la campagne. Il faut pour cela avant tout estimer la confiance à accorder aux sources, et en extraire une image juste de l’affrontement.

Les relations connues de la campagne de l’an 5

S’il n’existe que quelques remarques dans des textes hittites rédigés après la paix de l’an 21, deux textes égyptiens assez dissemblables ont été gravés en plusieurs exemplaires dans les plus grands temples. Le premier est un rapport limité aux événements immédiatement antérieurs à Qadesh et à la bataille elle-même. Le second, ou Poème de Pentaour, plus long, est un texte épique qui s’attarde avec emphase sur la bataille, et donne d’importants éléments sur la campagne. Ces deux textes, glorifiant Pharaon, sont d’une inégale valeur militaire. Aucun n’est complet, certains événements n’étant pas repris de l’un à l’autre. Complémentaires, leurs auteurs ont visiblement participé à l’action à des échelons différents. Comme tout texte épigraphique égyptien, ils sont accompagnés de scènes en relief légendées, centrées sur la bataille. Si les représentations, marquées par l’imagination de l’artiste, sont négligeables, les légendes sont précieuses, apportant moult détails que les textes omettent.

Du crédit des sources égyptiennes

Ces textes sont écrits en hiéroglyphes – medou netjer, « paroles divines » – écriture qui, réservée à l’élite cultivée des scribes et des prêtres, n’est pas destinée au peuple. Ils sont gravés dans des temples qui, loin de notre concept de lieu de culte, sont des lieux interdits aux profanes ; c’est là que Pharaon et ses prêtres fabriquent et maintiennent l’harmonieux lien maât entre hommes et dieux. Les textes des temples, plus qu’incantatoires, sont de véritables paroles rendues vivantes au contact du divin, les outils d’expression de la réalité quotidiennement renouvelée par les rituels. Gravées dans des lieux secrets dans une écriture confidentielle, nos sources ne sont donc pas propagande. Les écrire là où cet acte les élève au rang de vérité divine est cependant manifeste d’une volonté profonde de consacrer cette version de la bataille. Cela n’implique pas une réalité différente : le texte s’adresse aux dieux qui savent tout. Il y a là plus une catharsis royale de la peur ressentie à Qadesh : le miracle de la victoire, royale et divine, doit être magnifié. Les sources sont donc crédibles, malgré quelques exagérations, comme le roi implorant l’aide d’Amon (3) et sauvant seul l’armée. Les erreurs des Égyptiens y sont explicitement mentionnées et plaident en ce sens.

Les forces en présence

Les sources décrivent l’armée hittite rassemblée à Qadesh : deux divisions de 9 000 fantassins, et deux unités de 500 et 700 chars, chacun armé d’un cocher, et d’un ou deux soldats. Si rien n’est dit sur l’armée égyptienne, celle de la XVIIIe dynastie nous est connue : exclusivement égyptienne, elle se compose de l’état-major du roi (les sérou), de sa garde personnelle (les sherden), et de quatre corps de 4 000 fantassins, placés chacun sous la protection tutélaire d’un dieu : Amon, Ré, Ptah et Seth. Chaque corps possède sa charrerie. Seuls deux corps, difficilement identifiables, sont cités dans les sources : les néaren et les sékou tépy.

La bataille

Joseph Sturm (4), dans sa thèse doctorale de 1935, a réalisé l’étude des deux textes et dressé un tableau des événements. La veille de la bataille, Ramsès campe sur la rive gauche de l’Oronte. Qadesh n’est qu’à une journée de marche au nord-est, sur l’autre rive, où l’armée hittite est déjà en place. Au matin, le corps d’Amon, commandé par Pharaon, franchit le fleuve quelques kilomètres au sud de Qadesh, suivi des corps de Ré, Ptah et Seth. Envoyés par Mouwattali qui suit parfaitement les mouvements égyptiens, deux faux transfuges d’une tribu locale sont présentés à Ramsès. Leur mission : donner de fausses nouvelles sur la position réelle des hittites. Pour Mouwattali, il s’agit d’éviter la concentration des forces égyptiennes, de les attaquer par surprise et de les détruire morceau par morceau. Son infanterie se trouve un kilomètre à l’est de Qadesh, derrière des collines étonnamment négligées par Pharaon, sa charrerie plus au sud, cachée par la ville.

C’est sans avoir conscience du piège hittite que Ramsès s’avance dans la plaine de Qadesh. Pour surveiller les mouvements entre la ville et le nord, où il pense Mouwattali, Pharaon marche au nord-ouest de la plaine où, vers midi, il installe son campement. C’est alors que deux soldats hittites faits prisonniers révèlent la véritable position de Mouwattali. Ramsès réunit immédiatement un conseil de guerre et envoie son vizir (5) en urgence rallier le reste de l’armée encore en marche plus au sud. La surprise est totale. Avant que Pharaon n’ait pu réellement réagir, les premiers chars hittites fondent sur la plaine. Ré qui avance vers Qadesh est pris de flanc et culbuté. En quelques minutes, il se débande, anéanti. Ré est détruit, Ptah et Seth à près d’une heure de marche, trop loin pour rallier à temps. Le mouvement tournant des chars hittites se poursuit vers le camp du roi où, quelques minutes après avoir écrasé Ré, ils pénètrent par le sud et l’ouest. La surprise et la confusion ne permettent que des résistances isolées et inefficaces. La principale force qui reste au roi est sa garde personnelle, les sherden. Plutôt que de fuir vers le sud, il décide de résister.

Au bout d’un quart d’heure de combat, les mystérieux néaren arrivent, depuis l’ouest, pour renforcer Ramsès. Nous ne savons presque rien d’eux, mais ils retournent la situation. Ce sont maintenant les Hittites qui sont tournés. Le deuxième échelon de chars hittites, celui des vassaux et frères du roi, arrive en renfort, mais trop tard pour rétablir l’équilibre. Une demi-heure plus tard, Ptah rallie Pharaon et décide du sort de la bataille. Les Hittites, pris à l’ouest et au sud, s’enfuient sur l’Oronte et s’y noient par dizaines. L’armée égyptienne affaiblie n’est pas détruite et s’est enfin rassemblée. La charrerie hittite est détruite mais l’infanterie, intacte, reste l’arme au pied sur la rive gauche, laissant la rive droite aux Égyptiens qui ne les poursuivent pas. La bataille est terminée. Aucune armée n’est détruite et les Hittites se retirent en bon ordre, Qadesh n’est pas une bataille décisive.

Quel vainqueur ?

Les sources égyptiennes favorables à Ramsès ne pouvant être confrontées, certains auteurs ont tenté de traduire les faits pour trouver un vainqueur à Qadesh. Pour James-Henry Breasted (6), la seule victoire de Ramsès a été de sauver son armée. Albrecht Götze (7) penche pour une victoire hittite et Eduard Meyer (8) y voit un succès égyptien. Joseph Sturm, l’un des rares à essayer de placer sa réflexion au niveau stratégique, donne la victoire tactique aux Égyptiens, qui sont restés maîtres du terrain. Le sujet fait débat. Pour trouver l’éventuel vainqueur de Qadesh, il faut étudier la campagne de l’an 5 dans son ensemble, puis la confronter aux grands enseignements stratégiques tels qu’ils ont été établis depuis Sun Tzu.

L’objectif politique des deux camps est la suzeraineté sur l’Amourrou. Pour Mouwattali, il est impossible d’y perdre son influence. Pour Ramsès, refuser son soutien à Benteshina, qui vient de se donner à lui, voilà une perte de crédit dans une région correspondant au nord de la Syrie actuelle et où, depuis deux siècles, l’Égypte étend son influence. Mais cette seule conquête d’influence sur l’Amourrou, réglée par la seule campagne de l’an 5, ne suffit pas à expliquer un état de guerre qui perdurera encore seize ans. Depuis la domination hyksos (9), toute structure étatique puissante dans la région syrienne est un danger pour l’Égypte : la présence hittite fait renaître cette menace. Si l’État Final Recherché (EFR) hittite est simplement la reprise de son influence sur l’Amourrou, celui de l’Égypte n’est pas simplement de soutenir Benteshina, mais aussi de supprimer l’influence hittite, en affaiblissant ses positions en Syrie.

Les options stratégiques

Vu la géographie et la distance entre les deux belligérants, il était impossible de planifier une campagne d’occupation : seule une guerre à objectifs limités était envisageable. Première preuve de la maturité de la pensée stratégique des deux états-majors : ils l’ont parfaitement compris et la traduction faite des EFR est claire : l’objectif militaire hittite est la reconquête de l’Amourrou, alors que celui de Ramsès, outre la protection de Benteshina, est la soumission d’autres terres sous contrôle hittite. Nos cartes dégagent deux théâtres d’opérations potentiels : la côte méditerranéenne et l’arrière-pays libanais. Leur intérêt reste inégal : l’alliance avec Benteshina permet d’éclairer le premier et donne à Ramsès un préavis stratégique décisif en cas d’action hittite. Le second possède une caractéristique de poids : il contient la plupart des centres de la puissance hittite en Syrie du Nord.

Là encore, les belligérants ont compris les options stratégiques qui s’offrent à eux. Ramsès choisit d’avancer dans l’arrière-pays libanais : en y attaquant ses vassaux, il obligera Mouwattali à se détourner de l’Amourrou et pourra l’affaiblir en les soumettant. La côte reste barrée par Benteshina, et la dépression entre Liban et Anti-Liban est la voie naturelle vers les possessions égyptiennes du sud : y progresser équivaut à les protéger. Pour réussir, Pharaon ne doit pas rencontrer Mouwattali avant d’avoir soumis certains de ses vassaux. L’attente hittite à Qadesh indique que Mouwattali a anticipé le choix stratégique égyptien. Mais battre Ramsès et reconquérir simultanément l’Amourrou est trop lourd pour son armée : Mouwattali opte donc pour la défensive. Il ne s’agit pas d’une défense passive avec dispersion de forces, mais une défense intentionnelle selon le principe cher à Clausewitz. Elle doit permettre de repousser Ramsès en gardant des troupes fraîches pour se lancer ensuite contre Benteshina, privé de soutien. Pour réussir, il faut que Ramsès attaque là où l’embuscade sera tendue. Après un mois de marche, Ramsès avance selon son plan, ignorant l’armée hittite, qui n’est pas sa préoccupation : il se dirige résolument vers le plus méridional des vassaux hittites, Qadesh. Mouwattali, fin stratège, l’y attend.

Pour Sun Tzu, une partie de l’art de la guerre réside dans la duperie et la victoire appartient à celui qui s’attaquera aux plans adverses. Mouwattali l’a bien compris. Il sait la remontée de l’Oronte par les Égyptiens l’option la plus probable et construit clairement sa stratégie contre celle de Ramsès : sa défaite laisserait Benteshina seul. Son option tactique à Qadesh, faite de ruse et de duperie, a failli anéantir l’armée égyptienne. De son côté, en utilisant l’option stratégique la plus probable, en négligeant de localiser Mouwattali, Ramsès a complètement occulté son adversaire et s’est avancé sans la moindre tentative de diversion.

Autre clé de la victoire selon Sun Tzu, la connaissance de l’ennemi. Si l’existence de services de renseignements égyptiens est avérée, Ramsès reste là étonnamment passif pendant sa marche. Si les sources le montrent sermonnant son état-major lors de la capture des deux Hittites, trop sûr de lui, il n’a pas cherché à connaître son adversaire. Mouwattali connaît trajet et mode de fonctionnement de son adversaire ; Ramsès, à la tête du corps d’Amon et d’une armée éparpillée, s’avance à découvert dans la plaine de Qadesh. Sa confiance dans les agents bédouins des Hittites est telle qu’il n’éclaire pas les positions autour de la ville. Ramsès et son état-major n’avaient clairement aucune connaissance de l’armée hittite ni du terrain.

Enfin, en choisissant la défensive intentionnelle chez un vassal, Mouwattali se bat sur un terrain qu’il connaît. Cette défensive très clausewitzienne est indéniablement un avantage, Ramsès tombant dans le piège. L’option stratégique de Pharaon, malgré des objectifs très réalistes, est dangereuse car il attaque loin de ses bases, en territoire ennemi, avec un désintérêt flagrant pour la localisation ennemie. Sun Tzu aurait préconisé la prudence, vertu manifestement oubliée par Pharaon. En définitive, si les deux stratégies conceptuelles peuvent assurer la réalisation des EFR, la stratégie opérationnelle hittite apparaît plus réfléchie que celle du jeune pharaon, fondée sur une incroyable confiance en soi. Stratégiquement, Ramsès ne pouvait aller que vers la défaite.

Les options tactiques

L’armée hittite est en ordre de bataille, cachée derrière Qadesh, tandis que Pharaon avance en ordre de marche sur plusieurs kilomètres. L’initiative est hittite, avec une option tactique souvent recherchée par Napoléon : battre un ennemi dispersé, en détruisant ses corps l’un après l’autre. Option hardie pour Mouwattali : quatre corps sont à défaire rapidement pour éviter leur regroupement. Côté égyptien, pourtant en vue d’une ville ennemie, on n’effectue aucune concentration, encore moins de reconnaissance. Lors de l’attaque hittite, Ramsès se montre fin tacticien. Il presse le ralliement de son armée et s’emploie à essayer de battre tactiquement le plan adverse, qu’il comprend rapidement. Plutôt que de se retirer, il organise une défense héroïque du camp : résister, c’est briser le plan hittite d’une destruction rapide et successive de ses corps. Face à cette résistance inattendue, Mouwattali semble éprouver ce sentiment commun aux stratèges adeptes d’attaques hardies nécessitant de la constance : l’éclair de lucidité face à son audace, qui inhibe l’esprit de décision. Vaincre avec sa seule charrerie était une gageure. L’audace aurait demandé de faire traverser l’infanterie sous les yeux égyptiens. Redevenu raisonnable, Mouwattali n’a pas su pousser son avantage. Ou bien son sens stratégique lui a présenté une armée égyptienne suffisamment affaiblie pour ne plus être un obstacle.

Mouwattali reste maître de la rive gauche et de Qadesh, mais Pharaon tient le champ de bataille : la victoire tactique revient indéniablement à Ramsès mais qui, épuisé, ne pousse pas son avantage, laissant son adversaire se replier en bon ordre. Une victoire inexploitée reste une défaite stratégique. Jusqu’à l’arrivée des néaren, les avantages stratégiques et tactiques sont hittites. La résistance de Pharaon, friction de guerre clausewitzienne, redonne l’avantage tactique aux Égyptiens. Le tacticien est celui qui gère les contingences, qui s’adapte : Ramsès se montre grand tacticien dans une bataille de Marengo antique, où un Desaix égyptien aurait mené les néaren au combat. En ne poursuivant pas Mouwattali à portée et défait, il est un piètre stratège, au contraire du Hittite qui, économe de ses forces, sait l’ennemi harassé et qui voit ses plans stratégiques l’emporter. Ramsès doit retourner en Égypte, lui laissant le champ libre pour reprendre durablement l’Amourrou.

Une haute antiquité de la pensée stratégique

En 1300 av. J.-C., le raisonnement stratégique des deux rois, certes inégal, montre que l’art de la guerre est déjà parfaitement maîtrisé. Nos méthodes modernes d’analyses, basées sur des principes théorisés un millénaire plus tard, s’avèrent parfaitement adaptées à l’étude de cette bataille. Si Ramsès perd, c’est certes par une trop grande confiance en lui, mais surtout car il a affronté un grand stratège. Cette haute antiquité de la pensée stratégique doit nous inciter à nous replonger dans l’étude des affrontements historiques : des principes immuables, une pensée très ancienne, les réponses aux problèmes stratégiques actuels et futurs ne sont pas à inventer, mais simplement à retrouver.

Article paru dans DSI n°53, novembre 2009.

Notes

(1) Pays des Hittites, correspondant à l’actuelle Anatolie.

(2) Sur le site syrien actuel de Tell Nebi Mend, sur l’Oronte, à quarante kilomètres en amont de Homs.

(3) Dieu tutélaire de l’Égypte du Nouvel Empire.

(4) Joseph Sturm, « Der HettetigerKrieg Ramses II », Wiener Zeitschrift für die Kunde des Morgenlandes, Vienne, 1939, Beiheft 4.

(5) Sorte de premier ministre.

(6) James Henry Breasted, Geschichte Ägyptens, Bruxelles, 1926, p. 443.

(7) Albrecht Götze, « Das Hethiter-Reich », Das Alte Orient 27, 1929, p. 36.

(8) Eduard Meyer, « Die Zeit der ägyptischen Grossmacht », Geschichte des Altertums, Stuttgart & Berlin, 1928, II. Band, 1. Abteilung, Zweite völlig neubearbeitete Auflage, p. 466.

(9) Peuple de pasteurs qui a envahi l’Égypte vers 1700 av. J.-C., entraînant la fin du Moyen Empire. C’est leur défaite qui donne naissance au Nouvel Empire.

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