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Opération amphibies/marsupialisées : les nouveautés de CNIM

Le LCX (c) JH/Areion)

CNIM a présenté plusieurs évolutions de ses produits durant Euronaval. Si le LCAT/EDAR évolue incrémentalement au niveau de ses fonctionnalités, avec un simulateur d’enradiage, par exemple ou encore une série d’expériences liées à l’embarquement de RHIB, avec des essais d’entrée et de sortie depuis les EDAR. La logique retenue est de réduire la fatigue des personnels au cours de raids, notamment. Le LCAT Ship to Shore connait quant à lui quelques modifications de design permettant d’offrir plus de confort aux forces transportées (notamment avec 42 sièges pour des troupes embarquées en accompagnement des véhicules ou du matériel transporté), deux nouveaux produits sont également apparus.

Le premier est le LCA (Landing Craft Assault), une barge relativement classique ayant une empreinte dans les radiers de l’ordre de 50 % d’un EDAR. La formule permet ainsi un embarquement dans les radiers de bâtiments au standard OTAN mais aussi dans les LPD de classe Makassar (voir notre fiche technique dans DSI n°113), qui connaissent un vrai succès à l’exportation. L’embarcation peut transporter jusque 80 tonnes de matériel et, surtout, peut franchir les 300 miles nautiques et a un tirant d’eau de 1,3 mètres.

Le dernier concept, le LCX (Landing Craft X missions) a un potentiel disruptif plus net. La logique est hybride : plus long que le LCA, il conserve sa largeur mais se présente comme un « mini vaisseau mère ». Jusque quatre exemplaires pourraient être embarqués dans le radier d’un BPC, il peut être déployé au grand large et naviguer jusqu’à plus de 1000 miles nautiques (en fonction de la charge utile, de l’état de la mer ou encore de la vitesse) et ensuite mettre à flot des véhicules amphibies (jusque deux AAV-7, par exemple), ou encore débarquer, par la rampe arrière, des véhicules directement sur une plage, y compris rocailleuse (la rampe est articulée en son milieu). Propulsé par hydrojet et disposant d’un propulseur d’étrave, il peut ensuite reprendre la mer. Il peut atteindre les 35 nœuds (20 nœuds à pleine charge).

Mais le véritable avantage de ce type de bâtiment est dans sa polyvalence : une série de charge utiles (jusque 65 tonnes) peuvent être mises en œuvre depuis la plateforme de 95 m². Il est ainsi possible d’intégrer des modules de guerre des mines ou encore sonar ASM, jusqu’au CAPTAS 2. On peut ainsi imaginer que les LCX puissent alors servir à faire d’un BPC un bâtiment ASM auxiliaire combinant hélicoptères ASM et plusieurs sonars tractés – un sonar de coque pour la guerre des mines pourrait également être installé – et permettre de créer un maillage sur une zone donnée. De même, il pourrait embarquer des RHIB dans un contexte de raids, tout en conservant à bord des éléments d’appui (en communication, par exemple) ; servir de poste de commandement avancé en y positionnant des shelters ; voire intégrer une solution d’appui-feu comme le conteneur porte-mortier NEMO de 120 mm.  

À propos de l'auteur

Joseph Henrotin

Rédacteur en chef du magazine DSI (Défense & Sécurité Internationale).
Chargé de recherches au CAPRI (Centre d'Analyse et de Prévision des Risques Internationaux) et à l'ISC (Institut de Stratégie Comparée) - henrotin(at)areion.fr

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