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Combats à 18 000 pieds : la force aérienne indienne dans la guerre de Kargil

Par Arnaud Delalande, spécialiste des questions de défense, particulièrement l’histoire de l’aviation militaire. Il est co-auteur, avec Tom Cooper et Albert Grandolini, des trois tomes de Libyan Air Wars (Coll. Africa@War, Helion, Solihull, 2014, 2015).

Article publié dans DSI HS n°46, février-mars 2016

En 1999, dans les montagnes du Cachemire sous contrôle indien, l’Inde et le Pakistan se sont combattus dans un affrontement frontalier intense, pour des enjeux limités mais importants. Éclipsée par la guerre aérienne de l’OTAN au Kosovo, le conflit de Kargil a duré soixante-quatre jours et a couté plus d’un millier d’hommes de chaque côté. Pourtant, il ne reste que faiblement apprécié par la plupart des experts de défense occidentaux. Ce fut néanmoins un événement marquant dans l’histoire militaire indienne car il représenta un prototype révélateur du type de combat le plus probable auquel l’Inde risque d’être confronté à l’avenir.

Le conflit de Kargil est une étude de cas exemplaire dans l’usage de la puissance aérienne dans des conditions de haute montagne. Dans la guerre de Kargil, l’IAF (Indian Air Force) s’est adaptée rapidement aux défis de la campagne aérienne, notamment face aux positions ennemies se situant à des altitudes de 14 000 à 18 000 pieds, un décor austère de rochers et de neige qui rendait l’acquisition visuelle des cibles difficile, et une restriction quant au franchissement de la Ligne de Contrôle (LDC) qui forme la frontière avec le Pakistan. Sur le plan stratégique, la guerre de Kargil a clairement mis en évidence que la dissuasion nucléaire bilatérale peut nettement inhiber les conflits régionaux en intensité et l’ampleur, voir les empêcher totalement. En l’absence du facteur de stabilisation nucléaire, ces points chauds pourraient dégénérer en confrontations classiques ouvertes. Mais elle a également démontré que la dissuasion nucléaire n’est pas une panacée. La possibilité de futures guerres conventionnelles ayant des conséquences majeures le long des frontières du nord de l’Inde et de la Chine avec le Pakistan persiste. L’IAF est la quatrième plus grande force aérienne du monde, exploitant plus de 1 300 avions sur une soixantaine de bases. Jusqu’au début des années 1990, elle était principalement une entité de soutien à l’armée indienne. De nos jours, elle intervient sur des missions stratégiques indépendantes, y compris celles liées à la dissuasion nucléaire.

Prélude à une épreuve de force

Les poussées le long de la frontière entre le Pakistan et l’Inde remontent aussi loin que 1947. Les germes du conflit de Kargil ont été semés en mars et avril 1999. Par la suite, des unités de l’armée pakistanaise franchirent la LDC dans la partie indienne du Cachemire contestée. Cette ligne divise l’un des terrains les plus inhospitaliers du monde, ses principales lignes de crête étant des ramifications du K2, deuxième plus haut sommet de la planète. Alors qu’une réunion était en préparation à Lahore, au Pakistan entre les premiers ministres indiens et pakistanais, les hauts dirigeants de l’armée pakistanaise préparaient une opération ayant pour but la prise de contrôle de la seule ligne de communication indienne pour les troupes sur le glacier de Siachen : l’autoroute NH-1A au Ladakh qui relie Srinagar à Leh via Kargil, ainsi que l’accès à l’aérodrome de l’IAF à Thoise sur l’axe de Siachen.

En raison de la météo capricieuse qui prédomine dans la région pendant les plus rudes mois d’hiver qui ont immédiatement précédé la crise de Kargil, l’armée indienne a laissé vacants ses avant-postes les plus inhospitaliers, généralement situés à des altitudes de 14 000 à 18 000 pieds et sur le côté indien de la LDC. L’infiltration progressive des troupes pakistanaises (se déplaçant à pied et par hélicoptère) a permis d’occuper environ 130 postes avant que les intrus ne soient détectés par des bergers le 3 mai. Cette force occupante de 1 500 à 2 000 combattants selon des sources indiennes a été soutenue par au moins 18 batteries d’artillerie et probablement quatre à cinq fois plus de soldats ont été mobilisés pour soutenir les éléments les plus en avant sur le côté indien de la LDC. Le contingent occupant se composait principalement d’éléments de l’infanterie légère de l’armée pakistanaise, des membres des forces spéciales en tenue civile de manière à apparaître comme des moudjahidines cachemiris autochtones. Les intrus étaient bien armés, bien entraînés à la guerre en montagne et habitués à évoluer à des altitudes élevées. Alors que les unités de l’armée indienne, qui avaient quitté temporairement les avant-postes, commençaient à retourner à leurs postes début mai, elles découvrirent la pleine mesure de l’occupation de ces positions par les troupes pakistanaises. Celle-ci fut confirmée le 8 mai par les pilotes de l’IAF en hélicoptères Cheetah le long de la crête Tololing, dans le sous-secteur Dras de la région de Kargil. La réponse de l’armée indienne fut le déploiement de cinq divisions d’infanterie, cinq brigades indépendantes, et 44 bataillons de la vallée du Cachemire dans le secteur de Kargil, mobilisant quelque 200 000 hommes.

Engagement de l’IAF

Après plusieurs échanges de tirs qui occasionnèrent de nombreuses victimes indiennes, un engagement de ses hélicoptères fut demandé à l’IAF le 11 mai, afin de soutenir les troupes au sol. L’IAF avait déjà commencé à mener des sorties de reconnaissance la veille. Le lendemain, un hélicoptère essuya des tirs à proximité des positions pakistanaises, sans autre incident qu’un rotor endommagé. Le 13, des Jaguar menèrent des sorties de reconnaissance dans la région de Kargil pour recueillir des informations sur les cibles potentielles. Parallèlement, des Canberra PR57 et des avions de reconnaissance MiG-25R effectuèrent des missions de renseignement électronique dans le voisinage de l’intrusion et au-delà. Enfin, le 14 mai, le QG Air activa le centre des opérations aériennes de l’IAF pour le Jammu et Cachemire et mobilisa ses forces dans ce secteur pour une éventuelle contre-offensive aérienne.

Premières opérations aériennes

Moins d’une semaine avant le début de l’opération Vijay, le 21 mai, l’IAF lança un Canberra PR57 du 106 Squadron afin de procéder à une reconnaissance de la zone assiégée qui donnait sur l’autoroute NH-1A et la ville adjacente de Kargil. En descendant à 22 000 pieds, à seulement deux miles de la LDC, soit à 4 000 pieds au-dessus des plus hautes crêtes, le Canberra subi un coup direct dans son moteur droit par un missile sol-air (SAM) de fabrication chinoise Anza. Le 26, à partir de 6h30, les opérations aériennes démarrèrent par six attaques successives de MiG-21, MiG-23 et MiG-27 contre les camps, du matériel et les voies d’approvisionnement dans les zones surplombant Dras, Kargil, et Batalik, à l’aide de roquettes de 57 mm et au canon. Une deuxième vague d’attaques commença l’après-midi, suivie par une reconnaissance à haute altitude des Canberra PR57 et des passages à basse altitude de MiG-21M afin d’évaluer en temps quasi-réel les dommages causés. Presque toutes les cibles sélectionnées dans ces frappes initiales étaient sur ou près de crêtes déchiquetées à des altitudes allant de 14 000 à 18 000 pieds. La toile de fond austère des roches et de la neige rendait l’acquisition de cible visuelle difficile, compliqué par la petite taille des positions des troupes ennemies dispersées dans un vaste et indifférencié fond de neige. Inspiré par la vue unique depuis le cockpit d’un chasseur, l’IAF baptisa sa contribution à la campagne l’Opération Safed Sagar (« mer blanche » en hindi).

Premières pertes pour l’IAF

Au cours de la seconde journée des opérations, l’IAF perdit deux chasseurs. Le premier, un MiG-27 du 9 Squadron, subit une extinction de moteur alors qu’il venait de réaliser avec succès une attaque par deux passes roquettes de 80 mm et canon sur l’un des principaux dépôts de ravitaillement. Il a été rapporté plus tard que le pilote avait tiré ses roquettes bien en dehors de l’enveloppe de fonctionnement prévue pour l’arme. La perte soudaine de puissance, dans l’air himalayen raréfié, pourrait avoir résulté du gaz d’échappement des roquettes ingéré dans les entrées d’air du moteur de chaque côté de l’avion. Le pilote s’éjecta, mais fut capturé. La deuxième fut un MiG-21 du 17 Squadron touché par un missile infrarouge alors qu’il survolait la zone de recherche du pilote du MiG-27. Le pilote, le chef d’escadron Ajay Ahuja, réussit à s’éjecter, mais fut exécuté peu après qu’il ait été capturé. Le troisième jour des opérations aériennes, un Mi-17 fut abattu par un missile Stinger. Il était le dernier d’une formation de quatre appareils et le seul à ne pas disposer d’auto-protection.

Tout au long de la campagne, lors de chaque mission de reconnaissance ou d’attaque au sol de l’IAF, le Western Air Command s’assurait que des chasseurs de supériorité aérienne, notamment des MiG-29, étaient en vol afin de fournir une couverture contre toute incursion de la part de la force aérienne pakistanaise. Les F-16 de la PAF (Pakistan Air Force) étaient généralement maintenu à une distance de sécurité de dix à vingt miles sur le côté pakistanais de la LDC, même s’ils se sont parfois rapprochés à huit miles. Il a été rapporté plus tard qu’il y avait eu des cas isolés où les chasseurs de l’IAF et de la PAF s’étaient mutuellement verrouillés avec leurs radars de conduite de tir, mais que la prudence l’avait emporté des deux côtés. Quelques 460 sorties de ce type ont été réalisées tout au long de la campagne, généralement par vol de quatre MiG-29 non seulement dans la région immédiate de combat au sol dans le secteur de Kargil, mais dans toute la zone du Western Air Command. Les avions d’attaque de l’IAF étaient basés principalement à Srinagar, Avantipur et Udhampur. La base la plus proche des combats, Srinagar, étaient à plus de 70 miles de la zone de guerre. Dans les jours qui ont suivi l’incursion pakistanaise, l’escadron de MiG-21bis stationnés en permanence à Srinagar a été rejoint par des escadrons de MiG-21M, MiG-23BN et MiG-27ML, tandis que des escadrons supplémentaires de MiG-21M et MiG-29 étaient déployés sur Avantipur. En raison de leurs systèmes de bombes rudimentaires, de l’imprécision de leurs armes non guidées et de l’interdiction de franchir la LDC, les pilotes obtinrent une efficacité limitée lors des missions de soutien aérien rapproché. Aussi, le 30 mai, soit quatre jours seulement après le début de l’opération Safed Sagar, Air Chief Marshal Tipnis décida d’engager les Mirage 2000H seuls capables de délivrer des bombes guidées par laser, mais ils devaient d’abord être configurés pour cela.

Les Mirage 2000H frappent

Un programme de développement destiné à intégrer le pod électro-optiques de fabrication israélienne Litening sur les Mirage 2000H et Jaguar était en cours à l’India’s Aircraft System Testing Establishment (ASTE) situé à Bangalore, tout comme la possibilité d’emporter des bombes Paveway II. Le 12 Juin, les Mirage 2000H améliorés étaient prêt à mener des frappes de précision pour la première fois dans l’histoire de l’IAF. Au moment où l’opération Vijay avait atteint son plein élan, début juin et après plus d’une semaine de durs combats, les unités de la huitième division de montagne reprirent la crête Tololing et le point adjacent 5203 dans le secteur Batalik le 13, ce qui fut probablement le tournant dans la contre-offensive indienne. Quatre jours plus tard, une formation de Mirage 2000H du 7 Squadron détruisit le principal campement logistique pakistanais à Muntho Dhalo dans le secteur Batalik au moyen de bombes de 1 000 livres. Pour réaliser cette attaque, l’IAF avait attendu que le camp ait atteint une taille suffisante pour un tel ciblage. Une semaine plus tard, une patrouille de deux Mirage 2000H, détruisit les bunkers de commandement et de contrôle sur Tiger Hill à l’aide de deux bombes Paveway II tandis que d’autres chasseurs frappèrent des cibles supplémentaires avec des bombes non guidées. L’appui aérien fourni par l’IAF a remonté le moral des troupes au sol et a facilité une reprise précoce de leurs avant-postes à Muntho Dhalo et Tiger Hill. Après une lutte épuisante, Tiger Hill fut reprise le 4 juillet, et le 8, le 15ème Corps indiquait que ses unités avaient repris 99 % de Batalik-Yaldor et 90 % de la zone de Dras. Les opérations de frappe aérienne prirent fin le 12 juillet. Les chasseurs de l’IAF réalisèrent plus de 1 700 frappes, patrouilles aériennes de combat et d’escorte, et missions de reconnaissance au cours de la campagne, dont 40 de nuit pendant les dernières semaines de combats.

Table 1 : Nombre de sorties par type d’appareils

Type Nombre de sorties %
Chasseurs 1730 22,7
Hélicoptères 2474 32,4
Transports 3427 44,9
Total 7631 100

Source : Ministère de la Défense indien

Le 26 juillet, les forces indiennes avaient récupéré la majorité de leurs avant-postes au-dessus de Kargil et repoussé les troupes ennemies de l’autre côté de la LDC. L’armée indienne confirma la perte de 471 soldats tués au combat et 1 060 soldats blessés. Selon des sources indiennes, les forces pakistanaises auraient perdu plus de 700 soldats tués au combat avec environ un millier de blessés, mais beaucoup de désaccords et d’incertitudes entourent encore ces derniers chiffres.

Quel bilan pour l’IAF ?

Les débuts de la campagne aérienne furent mitigés pour les l’IAF et les résultats obtenus les deux premiers jours furent décevants. Une des raisons principales fut la taille des cibles ennemies qui se sont présentées dans les hauteurs de Kargil sur divers sommets et pentes. De plus, en raison de leur masse brute élevée lorsqu’ils étaient entièrement ravitaillés et armés, les hélicoptères Mi-25 et Mi-35 étaient incapables de fonctionner aux altitudes élevées où la plupart des combats ont eu lieu et n’ont donc pas été utilisés dans toute la campagne de Kargil. En outre, l’interdiction de franchir la LDC a conduit à employer des tactiques d’attaque non optimales et risquées. L’exemple type est le cas d’un avion de chasse volant dans une vallée avec de hautes crêtes de chaque côté et effectuant un virage dans une mauvaise vallée qui finit en canyon pouvant entraîner une catastrophe pour le pilote si son évolution latérale est insuffisante ou s’il n’a pas la puissance disponible pour passer les obstacles verticaux. De même, l’attaque de cibles situées sur des pentes raides nécessitait la mise en place d’une ligne de visée directe entre l’avion et la cible qui survenait tardivement en raison des crêtes intermédiaires. Si l’on ajoute à ces facteurs la petite taille des objectifs, le pilote avait, en fonction de la configuration du terrain, un angle de plongée anormalement élevé pour la livraison d’armes. De plus, la perte d’altitude lors des reprises de piqué était sensiblement supérieure à des altitudes de haute montagne que pendant les opérations menées près du niveau de la mer. Ces angles de plongée anormaux laissaient peu de temps pour poursuivre la cible avant d’initier une reprise de piqué.

La contrainte de non franchissement de la LDC a également impacté la flexibilité tactique de l’IAF notamment par le fait que cette ligne est invisible et que les cibles à plus hautes valeurs ajoutées se trouvaient sur le versant pakistanais de la LDC, en particulier la ville de Skardu qui était à seulement 108 miles de Kargil et avait tous les équipements nécessaires pour fournir un soutien logistique et de l’artillerie aux intrus pakistanais. Si l’IAF avait été autorisée à franchir la LDC, l’armée indienne n’aurait pas eu à s’engager frontalement contre les pakistanais puisqu’un blocus aérien aurait stoppé le ravitaillement des intrus, mais le risque d’escalade et d’élargissement du conflit impliquant probablement la PAF n’était pas envisageable par le gouvernement Vajpayee. En outre, les missiles sol-air portatifs avaient une portée oblique efficace qui était suffisante pour obliger les pilotes de chasse de l’IAF à rester 6 000 à 8 000 pieds au-dessus des hautes crêtes en tout temps afin de rester en toute sécurité hors de leur enveloppe de tir rendant certaines cibles inaccessibles depuis les airs en raison de l’interdiction de toute traversée de la LDC. De plus, lorsque des bombes étaient larguées, leur précision de livraison était dégradée en raison de l’altitude extrême. La température réduite de l’air et de la densité au-dessus des hauteurs de Kargil modifiaient les indices de traînée et d’autres paramètres de performance qui n’avaient jamais été calculés pour ces conditions. En raison des traînées aérodynamiques réduites causées par l’air raréfié à des altitudes élevées, les munitions non guidées ont eu tendance à dépasser leurs objectifs, tandis que les munitions de précision ont eu tendance à avoir une trajectoire avec une plus grande inertie, ce qui se traduisit par une augmentation de l’erreur circulaire. L’IAF n’a pas été vraiment capable de fournir un appui aérien rapproché constant et efficace pour toutes les raisons évoquées précédemment, néanmoins les frappes de bombes à guidage laser et des munitions non guidées bien placés ont entretenu le siège en détruisant les dépôts de ravitaillement et les lignes d’approvisionnement pakistanaises qui étaient plus facilement accessibles aux attaques aériennes à distance de sécurité et ont joué un rôle majeur dans la bataille pour Tiger Hill. L’IAF s’est également adapté rapidement aux défis opérationnels uniques de la campagne, notamment en utilisant des GPS (Global Positioning System) portables du marché dans l’assistance au bombardement à haute altitude par les MiG-21, MiG-23BN, et MiG-27. Au déclenchement du conflit, seul un escadron était équipé de GPS.

En outre, afin d’améliorer la précision des bombardements, l’IAF a eu recours à des opérations de nuit réduisant ainsi l’altitude des frappes à environ 500 pieds avec des avions non modernes et dans une zone où aucun radar ne pouvait fonctionner. Une autre technique nouvelle développée pendant la campagne fut la sélection de points d’impact de manière à créer des glissements de terrain et avalanches qui recouvraient les lignes de ravitaillements. Le soutien aérien a souvent été critiqué par les troupes terrestres : absence de prise de risque voir absence tout court, car opérant à haute altitude en dehors du champ létal des missiles sol-air. Cette tactique n’avait rien d’exceptionnelle et l’IAF ne faisait qu’appliquer les standards que toute force aérienne utilisait dans des circonstances similaires. Un autre effet important des opérations de patrouille aérienne de l’IAF au cours de la campagne était l’interdiction de réapprovisionnement des avant-postes par des hélicoptères pakistanais. En effet, les intrus étaient de plus en plus en difficulté après la destruction de leur base logistique au Muntho Dhalo par les Mirage 2000H, ce que confirmait le renseignement militaire indien qui interceptait les transmissions radio ennemi. Ces écoutes ont révélé de graves pénuries de vivres, d’eau, de fournitures médicales et de munitions, ainsi que l’incapacité des unités ennemies à évacuer les blessés, surtout durant les derniers jours de la campagne. L’interdiction de franchissement de la LDC imposée par le gouvernement Vajpayee semble également avoir été un facteur déterminant pour maintenir la PAF hors de la zone des combats et donc de conserver la maîtrise de l’escalade pendant toute la durée du conflit de soixante-quatorze jours. Après que les intrus survivants aient été repoussés vers le territoire sous contrôle pakistanais, l’armée indienne récupéra ses positions sur les hauteurs de Kargil.

À propos de l'auteur

Joseph Henrotin

Rédacteur en chef du magazine DSI (Défense & Sécurité Internationale).
Chargé de recherches au CAPRI (Centre d'Analyse et de Prévision des Risques Internationaux) et à l'ISC (Institut de Stratégie Comparée) - henrotin(at)areion.fr

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